Virgin, dans une situation inextricable

Clément Solym - 26.05.2012

Edition - Justice - Virgin - jugement - Système U


Nouveau chambardement dans les magasins Virgin : l'actuel PDG, Jean-Louis Raynard va partir, après avoir assuré le remplacement de Jean-Noël Reinhardt, depuis décembre 2010. Mais le plan de sauvegarde de l'emploi qui devait être mis en place est également retoqué, une grande nouvelle pour les magasins de Toulouse et Metz, qui étaient concernés.

 

C'est pourtant l'homme qui avait assuré de toute sa confiance en l'essor du livre numérique, qui est débarqué par son actionnaire, Butler Capital. Et la direction de Virgin ne dément pas, même si elle ne souhaite pas commenter pour le moment. Avec un petit problème toutefois : la nouvelle stratégie qui devait être mise en place et présentée durant le mois de mai sera reportée. Au mois prochain ? Aux calendes grecques ? Pour le moment, pas plus de nouvelles sur ce point que d'ailleurs sur le nom du prochain PDG. 

 

 

 

Cependant, quelques éléments ont filtré dans la presse, pour ce qui est de cette nouvelle stratégie. Alors que Virigin ferme des boutiques d'un côté, elle en aurait ouvert d'autre, dans un accord avec Système U, la chaîne de distribution, mais également dans les chaînes de stations-service BP. 

 

BP, Système U et Virgin dans un bateau 

 

La première option ressemble fort à la tentative de corner Virgin, que l'on avait pu découvrir dans les magasins de Lyon, une expérimentation qui n'aura duré qu'un an finalement, et s'est achevée en février dernier. « Nous avons apporté à ce partenariat avec Carrefour,  notre marque qui dispose d'un fort capital sympathie notamment auprès des jeunes et notre expertise reconnue de distributeur culturel. L'investissement, les stocks et le référencement était géré par nos  propres vendeurs et nous versions une redevance à Carrefour » expliquait alors Jean-Louis Raynard. (voir notre actualitté)

 

Mais très rapidement, Système U a dégainé un communiqué de presse pour démentir toute collaboration avec Virgin, estimant que si le projet a bien été envisagé, il en ressort finalement une absence totale d'intérêt pour les magasins U.... « Nous avons essayé d'évaluer les synergies d'un tel accord, comme nous l'avions fait avec la Fnac en 2007. Nous nous sommes aperçus que les avantages à la fois sur des achats en commun ou en termes de ventes, en cas d'un corner Virgin, n'étaient pas si évidents », précise même Serge Papin, président du groupement, au Figaro.

 

Du reste, Système U est également échaudé d'une collaboration avec Fnac qui n'a pas particulièrement bien fonctionné - mais il faut remonter à juin 2007 pour s'en souvenir. L'affaire avait duré moins de six mois, et l'expérimentation s'était déroulée dans un magasin de la ville de Gujan Mestras (Gironde). Amorcé en juin, le partenariat s'était arrêté en décembre 2007.

 

Virgin, donc, qui avait amorcé un grand partenariat de commercialisation du Kindle d'Amazon, pour raccrocher au livre numérique, convaincu qu'il jouirait d'une belle réussite, alors que ce lecteur ebook de première génération était tout de même très peu convaincant....

 

Pour ce qui est des stations-service BP, pour l'heure, aucune information n'est disponible sur cet accord. BP n'a toujours pas répondu à nos sollicitations ce matin. D'ailleurs, Virgin assure de son côté que les discussions avec Système U ne sont pas définitivement closes...

 

Devant le tribunal, Metz et Toulouse

 

En revanche, la bonne nouvelle concerne les employés des boutiques de Metz et Toulouse, dont le jugement devait être rendu hier.

 

Le 10 mai dernier était renvoyée la décision du tribunal de grande instance de Paris concernant le plan de sauvegarde de l'emploi. Ce dernier a en effet décidé que le PSE proposé par la société ne remplissait pas les conditions impératives, et tout est à recommencer pour la direction de la société. Aucun licenciement ne sera donc possible « dans le cadre de la fermeture des magasins de Metz et de Toulouse, jusqu'à l'achèvement de la procédure d'information consultation du Comité d'entreprise », avec une astreinte de 10.000 € par contrat rompu. 

 

David Alias, du syndicat SUD, explique à l'AFP que les dirigeants de la société « étaient dans une situation inextricable puisqu'on les assignait au TGI en référé et qu'en parallèle, le ministère du Travail commençait à leur demander des comptes. Je pense que suite à ça, la décision de Butler Capital partners a été de se séparer de Jean-Louis Raynard ».