Virgin : examiner les offres de reprises avant présentation aux salariés

Clément Solym - 05.04.2013

Edition - Librairies - Virgin - offres de reprises - administrateur


Ce 5 avril a été reçu, jusqu'à 12h, l'ensemble des offres de reprises concernant les magasins Virgin, par l'administrateur judiciaire. Les dossiers sont désormais entre ses mains, mais pour l'heure, il ne s'agit que d'offres brutes, explique l'intersyndicale. Il va désormais falloir trier et « s'assurer de leur sérieux et de leur validité ». 

 

 

Le Virgin des Champs-Elysées investi par ses employés

Crédit ActuaLitté, (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Avant que les offres ne soient en effet transmises au parquet et au juge du Tribunal de commerce, et par la suite présentées aux salariés, un certain travail est nécessaire. Une préparation des dossiers permettant de les présenter en audience, comme préalable à une information des employés de la chaîne, est impérative, nous précise-t'on. 

 

En outre, aucun des syndicats ne dispose pour l'heure d'éléments plus concrets sur les repreneurs potentiels. Tout au plus peut-on tabler sur ceux qui se sont officiellement prononcés ces dernières semaines, comme Zelnik, qui souhaiterait intégrer les magasins de la chaîne dans un concept de bazar culturel. 

 

Cependant, en coulisses, on sourit d'avoir appris dans la presse que, pour certains magasins, des offres un peu rocambolesques ont été faites. Ainsi, le Virgin de Bayonne intéresserait les magasins Leclerc, qui auraient fait une proposition de reprise... pour l'ouverture d'un commerce alimentaire de centre-ville. Mais afin de mieux faire passer la pilule, Leclerc assurerait qu'il va reprendre les 23 salariés du magasin.

 

« Dès lundi, les syndicats de Virgin travailleront avec Syndex (cabinet d'expert comptable) sur l'étude de ces offres via des négociations au CE sur l'amélioration qualitative et quantitative de ces offres. Il est d'ailleurs prévu de rencontrer les futurs repreneurs », assure l'intersyndicale dans un communiqué. 

 

Rappelons également que les syndicats ont interpellé récemment Arnaud Lagardère, actionnaire de Virgin et grand patron du groupe Lagardère.  

 

Entre 2001 et 2008, période pendant laquelle vous avez été actionnaire majoritaire, vous n'avez engagé aucun investissement conséquent pour permettre à l'entreprise de supporter les défis des nouveaux marchés et de la mutation du commerce des produits culturels. Par contre, vous avez largement profité de la notoriété de cette enseigne au bénéfice des sociétés que vous possédiez déjà, notamment celle du groupe Lagardère Media Active.

Nous savons que la cession de Virgin au fonds Butler en 2008 vous a été très profitable. Vous en avez tiré un prix conséquent, et vous n'avez aucunement contribué à l'essor de Virgin. Pire : vous avez décidé de confier à la Fnac, notre principal concurrent, l'exploitation des magasins Railway que Virgin avait su gérer avec succès pendant plusieurs années.

En tant que fournisseurs, par le biais de votre filiale de distribution, nous avons pu constater que vous vous êtes peu engagé et que vous êtes un des plus petits créanciers du secteur, bien en deçà de Gallimard, Flammarion ou le Seuil. Nous avons enfin été scandalisés d'apprendre lors de l'audience du  Tribunal de Commerce du 21 mars que vous avez demandé à la mandataire judiciaire le règlement d'une somme de 6, 5 millions d'euros. Cela nous paraît d'autant plus indigne de la part d'un actionnaire que les salariés de l'enseigne n'auront a priori droit qu'aux minima légaux  lors de leur licenciement. L'entreprise n'est d'ailleurs même pas en capacité d'assurer le paiement intégral du plan social engagé en 2012.

 

La semaine passée, les syndicats nous confiaient leur volonté d'écrire à l'actionnaire pour lui demander de prendre ses responsabilités, au même titre que Butler. 

 

Il semblerait que, pour ce qui est des offres de reprises, il faille attendre lundi avant d'avoir une vision d'ensemble.