Virgin : les raisons de la grève générale du 29 décembre

Clément Solym - 27.12.2012

Edition - Economie - Virgin - Champs-Elysees - Butler Capital Partners


Le désormais long feuilleton du magasin Virgin des Champs-Elysées, commencé cet été, pourrait bien atteindre son paroxysme samedi 29 décembre, avec un vaste mouvement organisé par l'intersyndicale des salariés du groupe. La vente de l'immeuble des Champs-Elysées, synonyme de licenciement pour les 185 employés, accompagnée par la distance de la direction, rassemblera tout le monde dans la rue.

 

 

Virgin Megastore, ParisJu_li_a, CC BY-NC-SA 2.0

 

 

Même sans voir double, le V de Virgin pourrait se changer en W Volkswagen, puisque la résiliation du bail du magasin Virgin des Champs-Elysées semble bien à l'ordre du jour. L'opération immobilière a été annoncée aux salariés ce 26 décembre, lors d'une réunion extraordinaire du CE. Dès l'assemblée générale du 22 décembre dernier, les salariés avaient donné mandat aux syndicats pour un appel à la mobilisation générale, et les dernières nouvelles leur donnent du grain à moudre.

 

Mais aussi du noir à broyer : « Si les Champs ferment, on peut dire adieu à tout Virgin » prédit Laurent Degousée, secrétaire Sud Commerce pour l'Ile-de-France, qui fait remonter le début de la fin à la fermeture du Virgin de Mérignac, fin 2010. (voir notre actualitté) Malgré ces précédents, les salariés s'étonnent du traitement qui leur est réservé : la direction ne s'est pas fait écho de la mobilisation à venir, tandis que la résiliation du bail s'apparente à un plan de licenciement pour les 185 salariés.

 

Le comité d'entreprise du 19 décembre soumettait aux salariés et syndicats l'offre des investisseurs intéressés par le bâtiment, le fonds d'investissement Qatar Investment Authority : « Aucun avis n'a été donné, ce qui bloque toute procédure. Un avis pour ou contre aurait pu permettre d'agir, pour l'instant c'est en stand by » explique la direction de Virgin. L'offre du fonds d'investissement expirait le 21 décembre, d'où l'« accélération » reconnue par la direction. L'ultimatum est désormais dépassé, et l'offre non renouvelée pour le moment.

 

Sylvain Alias, délégué syndical Sud Virgin, explique que le mouvement veut interpeler les actionnaires, Butler Capital Partners, alors que la Mairie de Paris commence à se rapprocher des employés. Ce qui n'empêche pas l'absence de solution valable : « Ni plan social, ni ouverture alternative de magasin » déplore le syndicaliste.

 

Le groupe, qui possède encore 28 magasins sur le territoire, est jugé sévèrement par le responsable Commerce du Syndicat Sud : « Fermer le magasin phare du groupe, qui enregistre encore 4000 encaissements, c'est se tirer une balle dans le pied. » Même constat du côté du délégué du personnel, qui confirme toutefois que le loyer représente depuis 3 ans un coût net pour le groupe. Le 19 décembre, seule la cession à l'international des licences à des groupes internationaux a réuni direction et syndicats.

 

Appel à la grève des employés de Virgin