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Virgin : les salariés face à un Florange de l'industrie culturelle ?

Clément Solym - 08.01.2013

Edition - Economie - Virgin - dépôt de bilan - cessation de paiement


Les réactions dans la presse semblent indiquer que la situation financière de Virgin n'était pas si connue que cela. Que la direction ait, de l'avis des syndicats, minimisé l'ampleur des dégâts, peut-être, mais reste que les observateurs n'ont pas dû garder les yeux bien grands ouverts sur la chaîne d'établissements. Hier, avait lieu la première réunion d'information et de consultation du Comité d'Entreprise. Et quelques heures plus tard, c'était le rendez-vous avec la ministre...

 

 

 

 

Du côté du Syndicat national de l'Édition phonographique, le directeur général, David El Sayegh a pourtant des pistes pour expliquer la situation. « Depuis des années, nous rappelons que le piratage est une atteinte aux droits des créateurs, mais aussi une atteinte à la liberté d'entreprendre. Les difficultés de Virgin sont notre Florange à nous. Et la disparition programmée de Virgin, ce sera deux Florange », déclare-t-il.

 

Piratage, téléchargement illégal, dématérialisation des produits culturels, crise, baisse du pouvoir d'achat, mauvais choix de l'entreprise, chute des ventes de disques physiques : on pourrait trouver des centaines d'explications, mais également assurer à M. El Sayegh qu'accuser internet ou le piratage ne résout pas le problème, pas plus qu'il ne l'explique intégralement. 

 

Les salariés dans le flou

 

Or, c'est avant tout pour lui l'occasion de râler contre le ministère de la Culture, qui n'a pas intensifié les mesures de protection de droits d'auteur - ou plutôt, pas assez garanti aux ayants droit que les pouvoirs publics assureraient la pérennité de leur commerce. La mort de la création, au travers des problèmes économiques de Virgin, c'est un brin déplacé et tiré par les cheveux.

 

Les salariés ont raison de s'inquiéter : si le climat des discussions est apparu plutôt serein pour Guy Olharan, de la CGT, le sort des 1000 employés de la chaîne est encore loin d'être déterminé. Les élus du CE devaient hier se prononcer sur la question de la mise en cessation de paiement pour Virgin, ainsi qu'on avait pu l'apprendre en fin de semaine dernière. 

 

Seuls les syndicats acceptent de prendre pour l'heure la parole, la direction se refusant à tout commentaire, surtout que ce mardi doit intervenir l'actionnaire Butler, avec l'arrivée d'un représentant. 

 

Pour les syndicats, la viabilité de l'entreprise n'est pas à remettre en cause, et tous sont déterminés à trouver une solution permettant de mettre en place un nouveau projet et une nouvelle orientation pour la structure. 

 

De son côté, la ministre de la Culture a simplement évoqué « une situation extrêmement difficile », lors de son passage sur Canal+. Réaffirmant le « lien social » que les établissements Virgin représentent, on aurait pu croire qu'elle évoquait la fermeture d'une librairie indépendante. Ou peut-être est-ce que les pouvoirs publics prennent enfin conscience que les grandes surfaces spécialisées ne sont pas plus protégées que les librairies indé...

 

Pour les syndicats, il faut désormais assurer une pression forte sur l'actionnaire Butler, pour garantir qu'il assumera son rôle et prendra ses responsabilités. « Trop de questions sont encore en suspens, nous attendons toujours de vraies réponses : les conséquences de cette décision sont beaucoup trop graves pour être traitées de manière expéditive. Il est clair que le principal responsable de la situation est BUTLER, actionnaire majoritaire de Virgin depuis 2008 », considère toutefois le syndicat CGT.