Vitrine et devantures, attractions clé d’une librairie

Auteur invité - 29.10.2019

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Une vitrine, c’est bien souvent la première chose que l’on remarque lorsque l’on aborde une librairie, elle est l’interaction initiale entre le client et la boutique. La devanture reste donc un dispositif commercial de premier rang.
 
Librairie Garin
Librairie Garin à Chambery - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (illustration)
 

D’année en année, les points de vente au détail de produits culturels sont toujours plus exposés aux dangers de la vente en ligne : entre janvier et septembre 2018, le nombre d’acheteurs sur Internet avait augmenté de 2,7 % alors que l’acte d’achat en structure physique reculait de 0,4 % selon une étude GfK. C’est aussi pourquoi la librairie doit redoubler d’efforts pour rester attractive : la réalisation de vitrine devient un véritable enjeu pour séduire un public déserteur tout en épatant la clientèle fidèle. 
 

Revendiquer une identité 


Bien avant les pure players, le concurrent premier reste tout de même les autres magasins physiques de qui il est important de se démarquer. La vitrine d’une librairie doit être une fenêtre à travers laquelle transparaît l’identité de la boutique. Autrement dit, en un coup d’œil, on doit comprendre ce qui s’y vend, ce qui s’y fait, la clientèle cible, l’idéologie et la politique de l’entreprise, etc. Tout cela peut être amené par le choix des thématiques, des outils d’aménagement, l’importance des objets de décoration et le soin apporté à la mise en scène miniature de ce qui se trouve à l’intérieur de la librairie. 

Prenons l’exemple de la Zone du Dehors, jeune librairie bordelaise installée cours Victor Hugo dans le quartier Saint-Michel. Elle porte le nom d’un roman français de science-fiction d’Alain Damasio où, en 2084, les habitants de Cerclon évoluent dans la Zone du dedans (interne à la ville). Il existe aussi la Zone du dehors où il est interdit de s’aventurer. 


crédit La zone du dehors 

 
D’après Jessica, libraire à la Zone du Dehors, « il y a une notion de liberté, de découvertes et de sortir de soi-même qui correspond à notre vision du lieu et de ce projet ». Ce magasin a donc un positionnement idéologique et politique prononcé et assumé ce qui lui permet de se revendiquer comme étant un lieu de synergie, de croisements de population, de partage. La librairie se définie aussi comme étant « arty-geeky-sexy » avec un large rayon science-fiction, une galerie d’art, un coin café et une ludothèque. La Zone du dehors cherche à faire valoir ce parti-pris dans sa devanture et sa vitrine, malgré l’espace restreint. 

La librairie bordelaise revendique son identité graphique dès la vitrine et la typographie renvoie d’emblée à l’univers digital. La terrasse symbolise l’espace d’échange et favorise la consommation en restant ouverte sur la ville. En vitrine, on retrouve l’assortiment correspondant à leur environnement geek et science-fiction tout en mettant en avant leur fonds jeunesse. Enfin, les cartes postales à l’entrée font référence à leur dernière « facette » : le côté sexy de la librairie. On a donc une identité facilement remarquable qui amène à se démarquer des autres librairies généralistes du centre-ville bordelais. 
 

À la rencontre de la cible 


Prenons l’exemple de la Librairie de Paris située place de Clichy, autrement dit, à l’un « des carrefours de Paris où la vie est la plus bouillonnante, à la limite du monde des petits bourgeois, de celui des ouvriers et des employés » si l’on en croit Georges Simenon dont la citation est reprise sur leur site Internet. Finalement, on en vient à se demander si le magasin devient-il vraiment la représentation type de la librairie à la clientèle éclectique ? 

Librairie de Paris (75017)
Laura Frioux, CC BY SA 2.0

 
Après rénovation, la vitrine de la librairie est disposée de sorte qu’elle soit dégagée, le regard du passant peut fuir « jusqu’au fond du magasin ». Fini les gros aménagements drapés qui endiguent la vue, cette vitrine devient une sorte d’ouverture supplémentaire sur la vie interne de la librairie sans toutefois être inexistante puisque les panneaux tournés vers l’intérieur renforcent cette impression d’être invité à participer à l’animation du lieu.

C’est une image qui fonctionne bien avec la clientèle hétérogène que le magasin souhaite s’approprier et s’éloigne du vernis élitiste qu’il revêtait avant les travaux. Le contenu de ces grandes armoires reste pour autant très “académique”, surtout en période de rentrée littéraire où le roman et la grande cavalerie de l’édition française sont à l’honneur : Grasset, P.O.L., Gallimard, Stock, etc. L’initiative reste appréciable et de bon goût. 

Par Laura Frioux
 

Dossier :  L'attractivité des librairies, malgré Amazon ou Netflix


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