Vivendi-Lagardère : discussions entamées sur le partage de Hachette Livre

Clément Solym - 03.11.2020

Edition - Economie - Vivendi Lagardère Hachette - Bolloré Lagardère Hachette - groupes éditoriaux France


Voilà quinze jours, les acteurs sortaient du tribunal, pas vraiment le sourire aux lèvres. Mais entre gentlemen, on sait s’entendre. Ainsi, Arnaud Lagardère a entamé les discussions avec Vincent Bolloré et Bernard Arnault, pour partager le groupe Lagardère. Mais les demandes sont significatives.

Immeuble groupe Hachette Livre
 

En plein reconfinement, personne ne l’aurait attendu, et pourtant. Selon les informations communiquées par BFM, les trois hommes ont décidé de s’asseoir pour négocier. D’un côté, donc, Vivendi, qui s’intéresse au volet Publishing — autrement dit, Hachette Livre. Et plus spécifiquement encore, le secteur international qui serait le plus rentable. 

Sur l’année 2019, Lagardère Publishing finissait son exercice avec une hausse de 2,8 % en données comparables, à 2,384 milliards €. Pourtant, les États-Unis et le Royaume-Uni affichaient un léger recul de respectivement 1 % et 1,4 %. 

Selon une source évoquée par BFM, les négociations entamées viseraient à faire cesser les attaques portées contre le groupe Lagardère. 

Pour Vincent Bolloré, ce sont donc les actifs éditoriaux qui priment, avec la perspective de consolider Editis : l’ajout du volet international conférerait une solide emprise, tandis que les filiales françaises resteraient au sein du groupe Lagardère.

Hachette Livre ainsi découpé ne représenterait plus un acteur si important en France. En effet, ce segment représente 35 % du chiffre d’affaires global de Publishing, contre 26 et 20 % pour les États-Unis et le Royaume-Uni (données 2019). En revanche, les effectifs français représentent autant que ceux des USA et UK — 2981 personnes contre 1630 et 1310.

Les sources autour du dossier indiquent par ailleurs que les négociations ont commencé voilà quelques semaines. Reste à savoir si Vivendi souhaite également mettre la main sur l’Espagne et les autres filiales — comme celle déployée en Russie.

Bernard Arnault, pour sa part, est intéressé par le volet médiatique — Paris Match, JDD, Europe 1. « Les discussions avancent bien et c’est une bonne chose, car cela prouve qu’il n’y aura pas la guerre des titans entre Bernard Arnault et Vincent Bolloré. Mais rien n’est encore fait », évoque une source.

Pour autant, non seulement la cession ne s’opérera pas sans peine, mais Arnaud Lagardère a des exigences lourdes. Entre 250 et 300 millions € pour renoncer à la commandite par laquelle il conserve les pleins pouvoirs sur l’ensemble du groupe. Ainsi que 10 % du capital en plus.

Enfin, dans la balance, un pacte de non-agression de Vivendi sur Lagardère serait déposé – avec la perspective pour Arnaud Lagardère de rester tranquille durant plusieurs années.

Aucun des protagonistes n'a pour le moment fait de commentaires.


Crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Heu... l'auteur... contrat... un peu d'argent... non rien.

Je suis désolé d'avoir dérangé.

Au revoir.
Pendant que le secteur du livre débat à n'en plus finir sur la notion de commerce "essentiel" ou non, le premier et le second groupe français de l'Edition-Distribution commencent à discuter pour se partager le gâteau... et pour certainement transformer à leur seul profit la chaîne du livre de manière bien plus radicale que la covid.
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