Vivre ensemble d'Émilie Frèche, le roman de la rentrée lance la polémique

Antoine Oury - 08.08.2018

Edition - Les maisons - Vivre Ensemble Émilie Frèche - Émilie Frèche livre - Émilie Frèche assemblée nationale


L'un des romans de la rentrée littéraire des éditions Stock porterait « atteinte de manière répétée à l'intimité de sa vie privée ». Celle de Séverine Servat de Rugy, journaliste, qui accuse l'auteure Émilie Frèche de s'être inspirée de sa vie privée et de celle de son fils pour écrire son roman Vivre ensemble, à paraître le 22 août prochain.

 

 
 

Séverine Servat de Rugy, journaliste pour le titre Gala, exprime, dans un communiqué rédigé par son avocat et ceux des éditions Stock, ce qu'elle pense du prochain roman d'Émilie Frèche, attendu pour la fin du mois d'août : « Ce roman est un viol de l'intimité de mon fils » affirme-t-elle. En cause, les personnages de Vivre ensemble, qui seraient directement inspirés de Séverine Servat de Rugy et de son fils, né de son union avec Jérôme Guedj, l'actuel compagnon d'Émilie Frèche.

 

D'après la mère de l'enfant, le livre « relève du viol de l'intimité sous un jour dégradant, sinon malveillant », comme elle l'explique dans un entretien à L'Express. Après avoir menacé, en juillet dernier, la maison d'édition d'un procès pour réclamer l'interdiction du livre, Séverine Servat de Rugy révèle finalement qu'un encart sera présenté dans chaque exemplaire du livre pour expliquer que celui-ci « portait atteinte de manière répétée à l'intimité de sa vie privée ».

 

Le résumé de l'éditeur pour Vivre ensemble :

 

« La première fois qu’ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n’a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peut-être était-ce juste un rire, et, pris d’une rage folle, il s’est mis à hurler qu’il les détestait, que de toute façon elle ne serait jamais à son goût et Léo jamais son frère, puis il a attrapé un couteau de boucher aimanté à la crédence derrière lui et, le brandissant à leur visage, il a menacé de les tuer — cela faisait une heure à peine qu’il les connaissait. » Tout le monde ne parle que du vivre-ensemble mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble, c’est se disputer un territoire.

 

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Curieusement, l'accord entre les parties note que Séverine Servat de Rugy « renonce à solliciter l'interdiction du livre, mais se réserve le droit d'engager des poursuites judiciaires et de demander des dommages-intérêts ».
 

Stock et l'auteure constestent, les avocats déplorent

 

Les éditions Stock ont fait part de leur position, claire et nette sur le sujet : « Comme son titre l’indique clairement, il s’agit d’une œuvre de fiction qui a pour décor la société française d’après les attentats de 2015, et une famille recomposée qui tente au mieux de trouver son mode de Vivre ensemble. L’auteur, pour ce faire, s’inspire d’une réalité transformée, enrichie, romanesque. »

 

Et d’ajouter que l’auteure, qui compte plusieurs titres à son actif ne fait qu’ici poursuivre « avec ambition et obsession ses thèmes favoris ». Confirmation est donnée de la publication ce 22 août. 

 

« Séverine Servat de Rugy, tant en son nom qu’en celui de son fils mineur, a estimé que des passages du livre d’Émilie Freche intitulé Vivre ensemble devant être prochainement publié aux Editions Stock, portaient des atteintes graves et répétées à l’intimité de sa vie privée et à celle de son enfant », rappellent pour leur part les avocats de la maison.

 

Ce 17 juillet, ayant communiqué par l’intermédiaire de son conseil qu’elle « entendait solliciter l’interdiction du livre », ils pointent que l’auteure « a contesté ces atteintes et a affirmé que Séverine Servat de Rugy et son enfant n’étaient pas le sujet de son roman ».

 

Toutefois, « elle admet, comme tout écrivain, avoir puisé une partie de son inspiration dans, son vécu, notamment familial, en exacerbant les qualités et les défauts des personnages de son roman ». Déplorant que dans son œuvre de fiction, Mme Servat de Rugy ait cru déceler « des traits de sa personnalité et surtout de la personnalité de son enfant », la romancière indique qu’un encart, en accord avec son éditeur, sera inséré dans les livres.

 

Ceci, « dans un souci d’apaisement et dans l’intérêt de l’enfant, à la demande de Séverine Servat de Rugy, [… et] afin d’éviter tout risque de confusion » indiquent Anne Veil et Alain Jakubowicz, avocats des Éditions Stock et de la romancière.




Commentaires

Toujours très douloureux de parler d'enfants qui souffrent. L'intime doit rester dans l'intimité. Je comprends cette maman instinctivement.
Règlement de compte entre l'écrivain et Mme Servat? Où paranoïa exacerbée de celle qui se sent victime à travers son fils? Jalousie commune visant quelques bas intérêts? Le lecteur s'en fiche bien après tout. Nous voulons juste un bon bouquin pour la rentrée point barre.

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