Voleur de livres rares et anciens ? Le sénateur italien se débat

Clément Solym - 15.04.2015

Edition - Justice - livres anciens - sénateur Italie - police enquête


Le sénateur italien proche de Silvio Berlusconi, Marcello Dell'Utri, tente actuellement de se défendre. Incarcéré à Parme, il est accusé d'avoir dérobé des dizaines de milliers de livres. Mais il s'en défend avec pugnacité : ces ouvrages, il les a achetés les uns après les autres, chez des libraires italiens et internationaux. Mais également au cours de ventes aux enchères... Une passion qui date de plus de 40 ans, d'après lui.

 

 Old books

Moyan Brenn, CC BY 2.0

 

 

Soupçonné, fortement, de collusion avec la mafia, le sénateur a fort à faire avec deux autres enquêtes, l'une se déroulant à Naples, et l'autre à Milan. Et depuis sa cellule, à Parme, il en profite pour réfléchir... à sa défense, pour l'affaire de ces livres volés. Une pure campagne de dénigrement, affirme-t-il, reposant « sur la seule base d'hypothèses liées à l'enquête ».

 

Et de jurer qu'il n'a rien à voir avec Guglielmo Libri, un célèbre mathématicien du XIXe siècle, devenu célèbre pour sa bibliophilie – et qui s'est fait connaître comme voleur de livres. 

 

Selon les premières informations, il semble pourtant que les livres proviennent de bibliothèques publiques ainsi que d'églises, qui, à travers tout le pays, ont tout bonnement été pillées.

 

Or, ces ouvrages sont estimés à une valeur de plusieurs millions d'euros. « Cette accusation est inacceptable pour moi, et me blesse plus que la détention », embraye Dell'Utri. Et simplement parce que des ouvrages semblables auraient disparu de bibliothèques publiques, il faudrait alors le tenir pour responsable ? Balivernes...

 

« La propagation de ces informations diffamatoires m'a rendu incapable de répondre rapidement, compte tenu de mon statut de prisonnier, qui limite ma capacité à me défendre », ajoute-t-il. Mais le voici désormais en pleine possession de ses esprits, et ce coup dur passé, il s'apprête à saisir les autorités, pour que justice lui soit rendue. 

 

D'ailleurs, selon son avocat, les livres mis en cause et détenus par Dell'Utri, aujourd'hui sous scellés, ne sont pas si nombreux. Et surtout, en attendant les conclusions de l'enquête, il faut garder la présomption d'innocence de son client... (via Il fatto quotidiano)