Vols d'ouvrages rares, la bulle spéculative dans les années 20

Nicolas Gary - 15.08.2013

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - vols de livres anciens - années 20


Un expert en criminologie, professeur à l'université de l'Illinois, et spécialisée dans les vols de livres rares vient de publier un ouvrage sur... le vol  de livres rares. Ce véritable thriller historique est inspiré de faits plus que réels et dévoile l'enquête acharnée d'un homme pour retrouver démanteler les réseaux de criminels, qui finirent par s'attaquer même à la New York Public Library. 

 

 

New York City Public Library front

melanzane1013, CC BY SA 2.0

 

 

Thieves of Book Row: New York's Most Notorious Rare Book Ring and the Man Who Stopped It, a été écrit par Travis McDade, conservateur  des livres rares du College of Law. Et s'il admet qu'il y a toujours eu des voleurs de livres dans les bibliothèques, cette période-là fut la pire de tous les temps pour les États-Unis.

 

Paru chez Oxford University Press, son ouvrage raconte comment les livres rares et anciens, dans les années 20, ont vu leurs prix monter en flèche. Une inflation qui a servi les intérêts marchands de libraires sans scrupules, alimentés par des criminels qui effectuaient des raids dans les bibliothèques. 

 

Les ouvrages étaient alors dérobés, au travers de gangs très bien organisés. Les malfrats volaient dans les bibliothèques, puis revendaient aux libraires, trop heureux de trouver ces livres pour leurs clients. On ferme alors facilement les yeux sur les origines de la marchandise, quand on sait le profit que l'on réalisera. 

 

Une époque qui ne bénéficiait pas des outils de traçabilité des oeuvres, et a généré un véritable pillage en règle des établissements publics. La sécurité de la New York Public Library était toutefois assez importante, de sorte que les criminels se focalisaient sur de plus petits établissements. Mais l'un d'eux a finalement eu l'audace de s'attaquer à la NYPL, en volant des premières éditions de Moby Dick, de The Scarlett Letter, et un ouvrage particulièrement rare des poésies d'Allan Poe. 

 

C'est aussi l'époque où un enquêteur de la ville, G. William Bergquist s'est intéressé à ce cartel. Si le livre de Poe a fini par revenir à l'établissement, les deux autres sont toujours dans la nature. Estimant que la prison n'était pas une fin en soi, et que tout criminel pouvait être racheté, Bergquist finit par engager comme enquêteur l'un des criminels arrêtés, mais la plupart des autres ont échoué derrière les barreaux. 

 

McDade explique : « C'est non seulement l'objet qui disparaît, mais également l'information qu'il contenait qui part avec lui. Parfois, ces données sont communes, mais souvent, elles nous apportent quelque chose. Des lettres personnelles sont particulièrement importantes, parce que c'est avec elles que l'on peut écrire l'histoire. »

 

via Illinois News