Wang Xiaofang : pourfendeur de la corruption

Clément Solym - 28.02.2011

Edition - Société - wang - xiaofang - fictions


Wang Xiaofang a débuté sa carrière en tant que secrétaire adjoint de Ma Xiangdong, député maire de Shenyang. Quand celui-ci a été arrêté pour corruption en 2001 et exécuté quelques années plus tard, Wang Xiaofang a été accusé de complicité, puis innocenté. En ayant assez vu, il a rapidement renoncé à sa carrière politique pour préférer se consacrer à l’écriture.

Il ne s’est toutefois guère éloigné de son domaine de prédilection puisque ces romans sont de véritables « fictions bureaucratiques », selon The Guardian. Loin de défendre les idées du parti Communiste ; ses livres dénoncent la corruption et la dérive des politiques. Traitant de l’attrait pour l’argent, le pouvoir et la domination Wang Xiaofang n’hésite pas à évoquer les pots de vin, détournements de fonds et autres manigances qui ont court quotidiennement dans la bureaucratie chinoise.

Les ouvrages de Wang sont d’ailleurs un succès, comme le prouve la vente à plus de 3 millions d’exemplaires du Director of the Beijing Reception Office, son second roman, paru en 2007 après The mayor’s secretary (en 2005).

Questionné sur le sujet, l’auteur présente ses ouvrages comme « un remède spirituel pour la société chinoise ». L’engouement autours de ses livre ne semble pas le surprendre outre mesure, lui qui se compare à Vargas Llossa, le dernier prix Nobel de la littérature (rien que cela) : « Il a créé de nouvelles structures littéraires et moi aussi. Il parle des fonctionnaires corrompus et moi aussi. Je ne pense pas qu’il soit meilleur que moi. »

Les lecteurs anglophones pourront se faire leur propre avis à la lecture de Notes of a civil servant, paru en Chine en 2009 mais dont la traduction anglaise devrait arriver dans le courant de l’année aux éditions Penguin.

Enfin, lorsqu’on lui demande son avis sur la corruption qui sévit en Chine, il rétorque : « Plus grand est le contrôle imposé par l’Etat, pire sera la corruption ». Assertion qui en dit long, quand on connaît la situation en Chine…