Warren Buffett n'investira jamais chez Jeff Bezos et Amazon, jamais

Clément Solym - 03.05.2016

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Entre milliardaires, il est toujours normal de se chamailler un peu : on se taquine gentiment, parce que l’on a connu une réussite enviable, à la sueur de son front. À ce jeu, Warren Buffett vient d’envoyer Jeff Bezos au fond de la mare, pour voir si la vase y était plus sombre. Le grand ami de Bill Gates, surnommé l’Oracle d’Omaha à cause de ses visions en matière d’investissement, a cassé un bon kilo sur le dos du patron d’Amazon. 

 

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Jeff Bezos, patron d'Amazon (Doc Searls, CC BY 2.0)

 

 

Au rang des sociétés auxquelles il a apporté des crédits, Warren Buffett compte Walmart et il s’est également offert des structures comme Ben Bridge Jeweler ou Jordan’s Furniture. 

 

D’ailleurs, comme si cela ne suffisait pas, il a fondé le conglomérat Bershire Hathaway, avec son ami Charlie Munger – et il compte Bill Gates dans le directoire. Lequel conglomérat a racheté Duracel et enregistre un bénéfice trimestriel de 8 %, soit 5,589 milliards $ de bénéfice net pour ces trois premiers mois de 2016.

 

Mais trêve d’économie, passons aux choses sympathiques : au cours de la réunion annuelle des différents actionnaires, qui se déroulait à Omaha – ville de naissance de Buffett – se retrouvaient donc des types pour qui avoir une Rolex, même avant 50 ans, ne signifie pas grand-chose. Eux, ils achètent les usines Rolex. Prenant la parole devant ses confrères, Buffett a attaqué plutôt fort : selon lui, mise à part l’évolution d’Amazon ces dernières années, la firme n’a absolument rien eu de remarquable. 

 

Nota bene : le groupe américain a rapporté la semaine passée qu’il enregistrait un bénéfice extraordinaire – plutôt inédit pour cette firme qui avait pris l’habitude de ne pas en faire. Une croissance de 28 % en regard de 2015, pour le premier trimestre. Le résultat d’exploitation s’élève à 1,1 million $ pour le premier trimestre 2016.

 

Le bénéfice net de l'année 2015 se soldait à 596 millions $, un record pour la société.

 

Pour mémoire, Jeff Bezos n’a pas tout à fait à rougir de son propre compte en banque. En 2016, le magazine Forbes lui prêtait une fortune personnelle de 52,4 milliards $, ce qui en faisait le 5e milliardaire du monde d’après la liste du journal. Devant lui Carlos Slim Hélú, homme d’affaires mexicain, puis Warren Buffett, l’Espagnol Amancio Ortega (groupe Inditex, qui a créé la marque Zara) et enfin Bill Gates qui plafonne à 75 milliards $.

 

Harry Potter, jamais lu ; Jeff Bezos, un indécrottable

 

Et quand on interroge Warren Buffett sur l’impact de la vente en ligne sur les boutiques traditionnelles, ce dernier répond : « Nous n’allons pas demander à Bezos de ne plus être Bezos. » Comprendre : il a toujours tenté d’éradiquer le commerce physique, il ne changera pas maintenant... Pas demain que Buffett mettra un cent dans l’entreprise, dans tous les cas...

 

À 85 ans, Warren Buffett se vante aussi d’être un petit jeune : le vice-président de Berkshire Hathaway, Charlie Munger, a passé les 92 ans. Une forme d’humour qui s’arrête là : quand un actionnaire a étrangement comparé le conglomérat à l’école de Poudlard, où Harry Potter va étudier, et Buffett au professeur Dumbledore, ce dernier a rembarré l’impétrant, en expliquant qu’il n’avait jamais lu les livres de Potter. 

 

via CNN