Watership Down, le classique britannique que la France a toujours ignoré

Antoine Oury - 06.09.2016

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La BBC le qualifie de « plus grands classiques de tous les temps », tandis que l'auteur britannique de livres jeunesse S. F. Said le sacre « parrain de Harry Potter ». Watership Down, de Richard Adams, est un livre incontournable outre-Manche, de ces récits d'aventures que tout le monde connaît ou presque. L'Hexagone n'a que trop peu goûté à cette merveille, malgré plusieurs éditions. L'éditeur Monsieur Toussaint Louverture tente à son tour sa chance, avec la splendide couverture ci-dessous, signée par Mélanie Amaral et l'éditeur. Et d'autres solides arguments : nous en avons relevé quelques-uns.

 

 

 

1. Watership Down, une histoire pour des enfants (mais en fait pas vraiment)...

 

En 2007, l'auteur Richard Adams a expliqué comment il avait eu l'idée d'écrire ce conte mettant en scène un groupe de lapins qui fuient la guerre pour se rendre à Watership Down, terre promise et havre de paix. Au cours d'un long voyage en voiture, les deux filles d'Adams lui réclamèrent une histoire : « Cela m'a pris de court, littéralement, et j'ai commencé sans trop réfléchir : “Il était une fois deux lapins, qui s'appelaient euh... Hazel et Fiver, et je vais vous raconter leurs aventures...” » L'histoire s'est poursuivie pendant plusieurs semaines : en allant se coucher, Richard Adams préparait la suite de son récit, qu'il racontait le lendemain à ses filles sur le chemin de l'école. Il lui faudra 18 mois pour coucher l'histoire sur le papier, et l'auteur précisera à de nombreuses reprises que son livre n'est pas destiné à la jeunesse.

 

2.... qui s'inspire de la Seconde Guerre mondiale

 

Si Watership Down a au départ été pensé comme un conte pour les enfants, il s'adresse clairement aux adultes. En effet, Richard Adams s'est appuyé sur son expérience de soldat lors de la Seconde Guerre mondiale : en 1940, il intègre la First Airbone en tant que parachutiste. La guerre lui laissera d'horribles souvenirs, qu'il sublimera dans Watership Down. Le groupe de lapins du roman s'inspire en effet de la 250 Airborne Light Composite Company, et notamment de la bataille d'Arnhem, aux Pays-Bas, au cours de laquelle l'unité d'Adams fut décimée. L'auteur s'inspirera directement de deux compagnons d'armes pour son récit : Hazel est calqué sur le caractère du Major John Gifford, et l'intrépide Bigwig est un hommage au Capitaine Desmond “Paddy” Kavanagh, journaliste irlandais mort au combat.

 

3. Au plus près des lapins

 

Si Watership Down est une allégorie, Richard Adams n'a pas négligé le réalisme de son contexte : il a étudié de très près l'ouvrage de référence d'un naturaliste britannique, Ronald Lockley, sur le comportement des lapins. Une fois Watership Down publié, les deux auteurs devinrent amis, et entamèrent un voyage dans l'Antarctique. Avec l'éditeur Allen Lane, ils écrivirent le compte-rendu de leur voyage, Voyage Through the Antarctic, en 1982.

 

4. Un ouvrage culte, adapté à plusieurs reprises

 

Publié en 1972, Watership Down s'est vendu à 53 millions d'exemplaires dans le monde, bien qu'il ait été refusé par une quinzaine d'éditeurs... Avec un tel succès, il sera adapté pour le cinéma dès 1978, en film d'animation. En raison du format et de l'esthétique de l'œuvre, de nombreux critiques considèrent alors que le film est fait pour les enfants... Jusqu'aux scènes de batailles, très violentes. 

 

 

En 1999 et 2000 sera diffusée une série tirée de Watership Down et du recueil de nouvelles qu'Adams publiera quelques années plus tard pour compléter les aventures des lapins. Cette série télévisée comprend 39 épisodes, un peu plus adaptés pour les enfants.

 

 

 

Plus récemment, la BBC et Netflix se sont associés pour une nouvelle mini-série Watership Down en 4 épisodes, entièrement réalisée en images de synthèse. Pour les doublages, le casting est prestigieux : on compte déjà John Boyega, James McAvoy, Nicholas Hoult, Ben Kingsley, Gemma Arterton ou encore Olivia Colma à bord.

 

5. Watership Down a permis à Richard Adams de découvrir ses talents d'écrivain

 

Si Richard Adams a mis du temps à trouver un éditeur pour publier Watership Down, le livre s'est rapidement vendu à plusieurs millions d'exemplaires... « J'avais 52 ans quand j'ai découvert que je pouvais écrire », expliquait Richard Adams en janvier 2015 au Guardian. « J'aurais aimé le découvrir avant. Je ne me suis jamais considéré comme un auteur avant d'en devenir un. » Richard Adams ne perdra donc pas de temps et publiera Shardik deux ans plus tard, récit d'une chasse à l'ours par un trappeur solitaire. L'auteur explorera d'ailleurs plus avant la narration du point de vue des animaux avec Les Chiens de la Peste (1977), l'échappée de deux chiens d'un laboratoire, ou The Iron Wolf (1980), recueil de contes et de légendes de toute l'Europe. « Je ne peux pas écrire sur de vraies personnes », expliquait récemment Richard Adams.

 

Pour en savoir plus sur Watership Down, par Monsieur Toussaint Louverture

 

via Mental Floss, Neatorama