Waterstones essaie de redorer son blason avec son rapport sur l'écart salarial

Camille Cado - 04.04.2019

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La chaine de librairies Waterstones a récemment publié son rapport sur l'écart salarial entre hommes et femmes au sein de la société. Les chiffres sont plutôt enthousiasmants, mais le PDG en profite surtout pour redorer l'image de son entreprise. Cette dernière, entachée par des revendications salariales plus que motivées, a beaucoup à faire.

Waterstones bookshop,  Sutton, Surrey, London
Une librairie Waterstones, à Londres (Tony Monblat, CC BY SA 2.0)


Après Elsevier, la British Library, ou encore Amazon UK, c'est au tour de Waterstones de se plier au Equality Act entré en vigueur le 31 mars 2017. En effet, cette semaine la chaine de librairies britannique a publié son rapport sur l'écart de rémunération entre hommes et femmes au sein de l'entreprise.

Et même si le chemin reste encore long, le bilan de l'année 2018 révèle des chiffres encourageants. 

L'écart de rémunération moyen entre les deux sexes pour l'année est de 11,7 %, soit une diminution de près de 2 % par rapport à 2017 (13,9 %) tandis que son écart médian est de 4,7 %. En ce qui concerne les primes, l'écart entre les hommes et femmes monterait à 7,1 % en moyenne et de 8,3 % pour l'écart médian. 

James Daunt, PDG de Waterstones a tenu à souligner ces progrès, surtout que la chaîne de librairie connaît une période de crise salariale. « Il est particulièrement injuste d'être critiqué à ce moment même où nous réalisons des progrès décents », affirme-t-il, avant de déclarer que ces mobilisations et revendications « masquaient » tous les autres points positifs de la chaîne, comme ces chiffres. 

Le PDG présente d'ailleurs ces données comme « une légère amélioration », qui l'encouragerait à remédier à ses déséquilibres entre salariés. « Nous nous battons pour plus d'équité. Et nous avons maintenant des politiques mises en place pour nous en assurer. » « Nous devons favoriser les femmes » a-t-il assuré, « nos nouvelles boutiques étant composées à 65% de femmes ».
 

Quid des revendications salariales ?


James Daunt en a profité pour glisser quelques mots sur les revendications de ses salariés, ainsi que sur la pétition postée sur la plateforme Organise. Il affirme à The Bookseller que, malgré la hausse de son chiffre d'affaires depuis plusieurs années, il était incapable de convaincre les banques de soutenir l'entreprise : « Nous ne pouvons pas emprunter. »

« Nous ne sommes devenus rentables que récemment, explique le PDG, et nous sommes dans un secteur incroyablement bancal, dans un segment du marché très compétitif. Nous venons de si loin, et nous devons reconstruire notre crédibilité. »

Pour rappel, les salariés de Waterstones réclament qu'un salaire minimum soit instauré, à hauteur de 9 £ par heure pour les employés, à l'exception de ceux travaillant dans la capitale, avec 10,55 £ par heure. Faute de moyens, le directeur de la chaîne de librairies avait déjà affirmé qu'il ne pouvait pas garantir ce salaire minimum à tous, puisque cela engendrerait, proportionnellement, une augmentation des salaires déjà plus élevés en raison de l'ancienneté.

Le PDG a affirmé qu'il entendait les demandes de ces salariés, mais que pour l'instant, il était plus important de récompenser les salariés de librairies qui commencent à s'imposer, plutôt que d'augmenter le salaire des nouveaux employés. 

« Nous mettons l'accent sur la progression professionnelle et nous valorisons l'ancienneté avec des salaires plus élevés. Je n'ai pas peur de le dire, même si c'est un choix difficile. Nous devons parfois faire des choix inconfortables, celui-ci est le nôtre, et donc une partie de notre personnel est moins bien rémunéré que les autres.»

James Daunt a néanmoins ajouté sa nouvelle intention d'assurer la montée en compétences de ses employés et ainsi leur donner un salaire à cette hauteur. « Nous voulons accompagner nos salariés vers le haut, en particulier ceux qui sont dans le premier quartile. Nous voulons investir plus d’argent dans la masse salariale et modifier la structure de manière à pouvoir donner cet argent assez rapidement et équitablement pour fidéliser les employés et leur permettre de bâtir leur carrière.»
Daunt a déclaré que l'entreprise devait investir environ 10 M £ par an, avant de critiquer les auteurs de renom qui avaient fait le choix de signer la pétition contre sa personne. « C'est curieux ce sentiment "Oh, il y a des tensions chez Waterstones, allons remuer le couteau dans la plaie". Personnellement, je trouve vraiment injuste de ne pas essayer de comprendre. C'est vraiment étrange. Je ne pense pas que les directeurs des librairies vendront leurs livres avec le même enthousiasme désormais. »

Enfin, à propos de son propre salaire, il a assuré toucher « un salaire plus élevé que les libraires, mais loin des chiffres annoncés ». « Je devrais être jugé sur le nombre de magasins que je maintiens tant bien que mal ouverts, sur le nombre de salariés que j'emploie, et sur le fait que nous les payons, correctement ».


 


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