Wells, Conan Doyle, écrivains sur le front de la propagande en 14-18

Julien Helmlinger - 23.10.2014

Edition - International - Première Guerre mondiale - Propagande - Littérature britannique


Il y a un siècle environ, en septembre 1914, les impôts augmentaient au Royaume-Uni en prévision des violentes batailles de tranchées. Il s'agissait de financer l'effort militaire, tandis que les U-Boot germaniques pilonnaient la flotte alliée sur mer, et pendant que les Français mettaient à profit les taxis pour faire face à l'offensive des Allemands. Mais le conflit fut également une affaire de propagande, et d'illustres écrivains y démontrèrent leur talent. Quelque 53 gloires de la littérature britannique publièrent ainsi un manifeste, l'Authors' Declaration.

 

 

Capture du New York Times

 

 

Cette historique « Déclaration », publiée dans la presse et notamment le New York Times, entendait condamner l'invasion allemande sur la Belgique comme un crime brutal, mais aussi justifier l'entrée en guerre britannique en suggérant que la passivité aurait promis le déshonneur à toute la nation.

 

À l'origine de cette propagande littéraire, un mois plus tôt, ces éminents auteurs furent approchés par le tout nouveau War Propaganda Bureau. L'idée était de mettre à profit ces grandes renommées et leur art de la plume, pour servir la cause de l'Empire et ses alliés. Avec une résonnance mondiale.

 

Avec 53 auteurs contemporains, la liste est longue. Si tous ne sont pas restés célèbres jusqu'à ce jour, certaines signatures sont entrées dans la légende de manière durable. Sir Conan Doyle, HG Wells, Rudyard Kipling, Thomas Hardy, Robert Bridges, Sir James Matthew Barrie, sont tous au garde-à-vous.

 

Et au cours de cette guerre de position, conflit symétrique par excellence, les Allemands répondraient avec une mobilisation littéraire à la hauteur, si ce n'est plus impressionnante encore : avec le Manifeste des 93. (Aufruf an die Kulturwelt / An die Kulturwelt ! Ein Aufruf, en VO) Une réplique signée par des Nobel, des scientifiques, philosophes, artistes et autres intellectuels germaniques.

 

S'ils étaient probablement convaincus du bienfondé de leur action belliqueuse, ces auteurs n'ont pas toujours été des défenseurs des techniques de propagande. Ainsi H.G. Wells allait plus tard caricaturer lui-même sa propre expérience dans Mr. Britling Sees It Through.