WiFi à la BnF ? "Aucune garantie satisfaisante en termes de santé publique"

Clément Solym - 26.03.2015

Edition - Bibliothèques - WiFi BnF - bibliothèques connexion internet - santé danger personnels


Depuis plusieurs mois, plusieurs années, la question du WiFi agite les foules à la Bibiothèque nationale de France. La possibilité d'une connexion est étudiée, analysée, par une multitude d'expertises et de contre-expertise. Fin février, ActuaLitté publiait à ce titre une longue enquête, faisant état des difficultés rencontrées, et des impératifs de sécurité qui se posaient entre l'accès au sans-fil et les utilisateurs. 

 

 

my wifi hotspot is cooler than yours

woodleywonderworks, CC BY SA 2.0

 

 

Pour le syndicat FSU, l'arrivée prochaine de cette technologie relève du « scandale sanitaire [qui] ressemble à celles des autres scandales sanitaires tels le tabac, les conséquences de l'accident de Tchernobyl ou l'amiante ». 

 

Rappelant que la direction de la direction de l'établissement cherche à mettre en place depuis des années le WiFi, technologie « probablement dangereuse et inutile puisque moins précise que le procédé de diffusion filaire », le syndicat s'émeut de la tournure que prend le dossier. 

Au printemps 2012, puis le 23 janvier 2015, des experts (Pr Belpomme et Étienne Cendrier) ont affirmé, au sein du CHS, la nocivité du WIFI et mis en garde la direction de la BNF contre sa mise en œuvre dans des espaces exposant les usagers et les personnels. Hélas, la directrice générale, Madame TARSOT-GILLERY semble avoir pris la décision de passer en force puisque 240 bornes WIFI doivent être installées à partir de septembre prochain. 

La direction aurait alors pris le parti de pointer des zones « techniquement inaccessibles au WiFi » et d'en faire des zones blanches. De la sorte, il devenait possible d'affirmer que les personnes electros sensibles n'étaient pas exclues des lieux. Mais pour la FSU, cette approche « n'offre aucune garantie satisfaisante en termes de santé publique ». 

 

Et d'interroger, à juste titre : « quid des personnels tenus de travailler et de ranger les livres dans les espaces qui continueraient d'être exposés, quid des lecteurs et usagers qui n'auraient pas la chance de pouvoir trouver une place dans un espace “blanc” ? Enfin, que penser de la bonne volonté d'une direction prête à exposer des enfants régulièrement accueillis en salle I quand cette salle comportera bien une borne activable ? »

 

Le syndicat demande que soit respecté le « principe de précaution » autant que la protection « de la santé des agents publics et des usagers de la BnF ». La direction doit présenter le projet ce 27 mars, dans le cadre du CHSCT. De son côté, la FSU va exiger « à nouveau l'usage de la technologie filaire, parfaitement connue et réalisable dans les espaces dévolus à la lecture publique et aux expositions ».

 

Fait notable : en 2011, les organisations syndicales de l'établissement avaient toutes dit non massivement à l'arrivée du WiFi. Mais aujourd'hui, aucune autre organisation n'a souhaité signer la communication dont ActuaLitté fait état.

 

Nous reviendrons demain sur ces éléments.