WiFi dans les bibliothèques : Le FSU répond à ses détracteurs

Clément Solym - 26.05.2008

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - WiFi - FSU


Le 3 avril dernier la FSU-Bnf et le SUPAP-FSU avaient, dans un communiqué, encouragé « l’ensemble des responsables politiques, universitaires et culturels, à reconsidérer l’utilisation massive et systématique du WiFi et la généralisation des connexions filaires. Ils réclament également un débat sur la finalité de telles technologies dans les bibliothèques universitaires, de lecture publique et patrimoniale. ».

Le communiqué qui met le feu aux poudres

Un communiqué qui a été mal pris et peut-être mal interprété par certains acteurs de la « biblioblogosphère » et qui fut le départ d'un débat houleux bientôt transformé en polémique. Ceux-ci estimaient que les membres de la FSU (fédération syndicale unitaire) défendaient « une position rétrograde qui témoigne d’une incompréhension majeure de l’évolution de notre société et de nos usagers comme de leurs pratiques ».

De nombreux reproches

Ils soutenaient aussi que la FSU ne tenait pas compte du problème des ondes électromagnétiques dans son intégralité, préférant se concentrer sur le WiFi, alors que les téléphones portables et les fours à micro-ondes par exemple seraient aussi à prendre en compte. Enfin, ils accusaient la fédération syndicale universitaire ne viser qu'a stopper l'évolution des bibliothèques, en relançant sur la place publique le débat sur l'utilité réelle des nouvelles technologies dans les bibliothèques.

La FSU stigmatisée


Le 24 mai dernier, sur le site Bibliothèques en lutte, la FSU répondait à ses détracteurs s'affligeant des propos stigmatisants de ceux-ci, qui qualifiaient ses membres d'« obscurantistes », ou encore « ceux qui sont terrifiés » en proie à des « peurs mythiques ».

Le procédé filaire une alternative acceptable


Cependant elle n'est pas amère pour autant, rappelant qu'elle partage une cause commune avec ses détracteurs, « l'usager ». Elle concède que le WiFi est rentré dans les moeurs et qu'il serait dommageable d'en priver les usagers. Pourtant, elle met le doigt sur un point important, la faible durée de vie des batteries qui oblige les utilisateurs de portable à se placer à proximité des prises électriques. De ce point de vue remplacer le WiFi par un procédé filaire comme à la Bnf ne changerait pas grand-chose.

Un flou scientifique

Elle insiste sur le fait, que pour l'heure même s'il n'existe aucune certitude scientifique sur l'impact des ondes électromagnétiques sur le corps humain, « On peut néanmoins reconnaître que depuis quelques années, les résultats montrant des effets sur nos organismes et sur notre santé des champs électromagnétiques s´accumulent ».

Le principe de précaution nécéssaire


Pour soutenir sa position favorable au principe de précaution, elle s'appuie sur la charte de l’environnement et plus précisément sur l'article 1 de celle-ci qui stipule que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé » et sur l'article 5 qui indique qu'en cas de doute des « mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » doivent être mises en place par les « autorités publiques ».

Le hic c'est le coût


Un débat d'une telle ampleur ne devrait donc pas avoir lieu, et la solution paraît simple, cependant La FSU considère que le noeud du problème est le coût de remplacement du WiFi par un procédé filaire. L'opération nous confie-t-elle est jugée « trop chère ». Le problème du WiFi est donc voué à rester encore un bon moment au centre des inquiétudes et des plaintes des employés de bibliothèques.