Wikileaks : un officier de marine plaide contre Bradley Manning

Julien Helmlinger - 09.08.2013

Edition - International - Bradley Manning - Wikileaks - Terrorisme


Ce jeudi, un auteur et militaire américain, expert dans l'islamisme militant, a déclaré que les terroristes d'Al-Qaïda auraient pu utiliser les informations classifiées divulguées par Manning à WikiLeaks, dans le cadre de planification d'attaques contre les forces américaines. Il ajoute qu'il n'y avait aucune preuve attestant qu'ils l'ont fait. Un témoin, spéculatif selon ses propres termes, qui risque d'avoir de l'influence sur le verdict qui se joue actuellement à Fort Meade.

 

 

 

 

Youssef Aboul-Enein, est l'auteur du livre Militant Islamist Ideology, ainsi que conseiller au Pentagon's Defense Combatting Terrorism Center. L'officier, appelé à témoigner par le juge militaire Denise Lind, a souligné que la fuite d'information comprenait des milliers de rapports d'activités importants sur les champs de bataille, connus sous l'appellation SIGACTS.

 

Des documents qui selon l'expert auraient pu renseigner l'ennemi sur les comportements des troupes américaines, et auraient pu permettre aux membres d'Al-Qaïda de se créer des contre-mesures et préparer des embuscades du régime.

 

Le chercheur estime que si Al-Qaida n'a jamais exprimé l'idée d'avoir bénéficié d'informations utiles par le biais de Wikileaks, l'information aurait bel et bien été à portée de clic et ses dirigeants ne devaient probablement pas l'ignorer. Certaines vidéos de propagande des terroristes encourageraient notamment la lecture de Wikileaks en 2011.

 

Les procureurs auraient en outre présenté des preuves attestant que Oussama ben Laden aurait eu en sa possession des copies numériques de tous les 90.000 rapports de bataille jouées en Afghanistan qui auraient fuité ainsi, lorsqu'il a été tué par une équipe de Navy SEAL en mai 2011.

 

Le juge se prononcera dès vendredi si la preuve est considérée comme admissible. Manning, 25 ans, encourt jusqu'à 90 années de prison.