William Vollman, soupçonné par le FBI d'être Unabomber

Nicolas Gary - 22.08.2013

Edition - International - Theodore Kaczynski - Unabomber - William Vollman


William Vollman, alias Unabomber ? L'écrivain, journaliste et essayiste américain, dont les romans fleuves s'inspirent d'enquêtes réelles fut un temps soupçonné par le FBI d'être en réalité le célèbre, et tristement, Unabomber. Le terroriste, mathématicien et militant écologiste, avant d'être identifié comme Theodore Kaczynski, aurait été Vollman, aux yeux du Bureau d'investigation. 

 

 

Theodore Kaczynski, alias Unabomber

 

 

Dans le numéro de septembre du magazine Harper, Vollman évoque le dossier de 785 pages constitué par les services secrets, dont il a pour le moment obtenu que 294 pages lui soient communiquées, en vertu du Freedom of Information Act. Salué pour la perspicacité dont il fait preuve dans ses ouvrages et sa réflexion sur la violence et la guerre, Vollman s'est découvert sous un tout autre visage, tableau brossé par le FBI et la CIA.

 

« La lecture d'un dossier du FBI est rarement agréable », plaisante-t-il à peine. Sous un nom de code, Ratfink, il a découvert que le Bureau le considérait comme l'un des suspects qui pourraient se cacher derrière Unabomber. Et ce, en raison de la teneur de ses oeuvres de fiction. Dans le dossier, le Bureau notait la récurrence des thématiques comme l'anti-croissance, l'anti-progrès, des preuves qui manquaient de valeur, mais avaient tout de même suffi à mettre la puce à l'oreille. 

 

Or, le plus tragique est que, même après qu'Unabomber a été identifié, en 1996 et appréhendé, Vollman est resté dans les petits papiers du FBI, en tant que terroriste potentiel. C'est que, une fois que l'on est suspecté, impossible de se sortir de l'administration américaine, qui traquera tout ce qu'elle peut. 

 

En outre, de nombreux voyages en Afghanistan n'aident pas à se faire oublier, pas plus que son goût prononcé et affirmé pour les substances les plus illégales, et plus particulièrement, les prostituées, que ce soit aux États-Unis ou au Mexique. « Le FBI a pensé qu'il pouvait être Unabomber, un posteur d'anthrax et un terroriste ayant profité d'un entraînement de Moudjahidine en Afghanistan », lit-ton. De quoi faire peur. « J'ai commencé à comprendre de quoi les personnes haineuses du gouvernement étaient faites », explique Vollman. 

 

Flatté, avec modération, d'être qualifié de personne armée et dangereuse, Vollman a tout de même paniqué sacrément en découvrant qu'il avait été secrètement espionné, et accusé. « Je n'ai pas de recours. Pour être clair, je ne me sens pas une victime : mes inquiétudes ne se tournent pas vers ma petite personne, mais vont vers l'American Way of Life. » Et plus encore, le fait que cette suspicion infondée lui colle désormais, et pour toujours, à la peau. « Une fois que vous êtes suspecté, et que l'on vous a pris dans le système, c'est fini... Chaque fois qu'il y aura une enquête terroriste, votre nom sortira. »

 

Unabomber commit son premier délit en mai 1978, déposant un colis piégé dans un parc de stationnement de l'université de l'Illinois, à Chicago. Il s'attaquera par la suite aux compagnies aériennes, avant de cibler d'autres personnes toujours par des colis piégés. Cet homme avait tenu un journal intime toute sa vie, exposant que les progrès technologiques menaient la civilisation à sa perte, et que l'effondrement de notre civilisation était l'unique solution.

 

via Washington Post