Winnie et Disney inspectent la lecture dans les foyers français

Clément Solym - 01.10.2009

Edition - Société - Disney - Winnnie - inspecter


Que Disney et Winnie l'ourson fassent redécouvrir la lecture, voilà qui est original, mais intrigant. Et justement, la société a demandé à son ours favori de travailler avec ABC+ pour une étude touchant les 0/25 ans, afin d'ausculter l'art et la manière de raconter des histoires aujourd'hui en France.


Réalisée en France sur 314 foyers, cette étude montre clairement que la lecture, le moment de lecture, avec parents ou grands-parents, est une activité favorite chez les enfants, juste derrière jouer seul (50 % contre 80 %), mais devant la télévision ou l'ordinateur. Des écrans qui ont plus l'assentiment des parents pour leur progéniture que de leurs parents à eux, pour les petits-enfants.

Créer des liens entre générations

Or, cette activité est encore créatrice d'un lien entre les générations, donnant « l'occasion à l'enfant de se construire autour de thématiques immuables », tout en permettant aux aînés peu enclins à explorer les nouveaux médias, de jouer un rôle prépondérant dans la vie des plus jeunes. Vecteur de transmission culturelle, la lecture est « valorisée pour son “contenu imaginaire”, propre à l’identification et à la projection, et les sondés s’accordent autour de l’importance de son rôle dans le développement de l’enfant ».

Simplement, les approches, si elles convergent, diffèrent par les intentions : chez les grands-parents, on vante les mérites pédagogiques et éducatifs, quand pour les parents, la part émotionnelle ou concrète l'emporte. « Ces derniers parlent notamment des bienfaits de la lecture en termes de complicité ou d’apaisement, deux bénéfices qui prennent tout leur sens quand vient l’heure d’aller au lit. »

L'histoire (sans fin ?) d'avant le dodo

C'est d'ailleurs à cet instant que l'échange est le plus facilité pour les parents (se retrouver en famille), au détriment des grands-parents, qui ont moins l'occasion de coucher leurs petits-enfants. Pour 60 % des enfants, le lit reste à ce titre le moment de lecture préféré, et plus particulièrement « avant de s'endormir ». D'autres problématiques interviennent à cet instant : « La moitié des parents y consacrent en effet un maximum d’une heure par semaine », bien que chez les CSP+, y accordent plus de temps, et plus encore s'ils habitent en Île-de-France.

Les normes sociales et l'actualité du divertissement n'épargnent pas les plus jeunes : les 3/6 ans, montrent la tendance.
  • Pour 30 %, les jouets sont l'activité principale
  • 26 %, la télévision
  • 21 % l'ordinateur
  • 19 % les livres et - surtout - la lecture partagée (de fait, les plus jeunes ont besoin d'un adulte pour leur faire la lecture, là où ils peuvent se montrer plus autonomes dans les autres activités).
« Notons au passage que les filles sont plus sensibles à la lecture que les garçons puisqu’elles sont 24 % à faire part de cette préférence », précise l'étude.

Les mamans en renforts, les papas absents

Et qui s'occupe justement de cette lecture ? Les mamans, à 69 % et les grands-mères, à 25 % (personnellement, je faisais des épées en bois avec le mien, ce qui était autrement plus amusant... à ce titre, les papys ne sont sollicités qu'à 1 % par les petits-enfants). Pour les papas, le manque de temps se fait cruellement ressentir. Entre autres considérations, voilà un bref état des lieux :
  • 71% des parents soulignent l’importance de la lecture pour le développement de l’imaginaire
  • 70% des grands-parents souhaiteraient que leurs petits-enfants puissent consacrer davantage de temps à la lecture partagée.
  • 63% des enfants de 3 à 6 ans ont cité le lit, avant de s’endormir, comme lieu de lecture préféré
  • 88% des enfants de 3 à 6 ans considèrent mieux dormir quand ils s’endorment après une histoire
  • 97% des enfants de 3 à 6 ans souhaiteraient que leurs parents leur lisent davantage d’histoires
  • 69% des enfants de 3 à 6 ans ont cité leur maman comme « conteur » préféré
  • 64% des enfants de 3 à 6 ans apprécient qu’on change de voix au cours de la lecture selon les personnages de l’histoire
Et que veulent qu'on leur lise nos têtes blondes ? Les belles histoires ou celles qui se finissent bien à 32 % et qui font rêver à 34 %.