Winnie l'ourson, un mielleux anniversaire

Nicolas Gary - 27.11.2015

Edition - International - Winnie ourson - anniversaire personnage - Jean Rochefort


Winnie l’Ourson a une actualité étonnante ces derniers temps. Alors que son créateur, Alan Alexander Milne est décédé en janvier 1956, et l’illustrateur, Ernest Howard Shepard l’a suivi vingt ans plus tard, l’ours jaune est très actif. Ainsi, il célébrera son 90e anniversaire en octobre 2016, et en attendant...

 

 

 

La maison Egmont Publishing a dévoilé la semaine passée qu’une anthologie de quatre histoires sera publiée en octobre 2016. Un rendez-vous à prendre, pour la bestiole qui aura donc 90 printemps, et pas même l’once d’une ride. Ces textes seront illustrés par Mark Burgess, reprenant le style de l’illustrateur originel, et Paul Bright, Jeanne Willis, Kate Saunders et Brian Sibley, signeront les textes.

 

Nicole Pearson, directrice de la création ne boude pas le plaisir qu’elle a eu à travailler avec les cinq auteurs, dans le respect du travail originel de Milne. Un retour dans la Forêt des rêves bleus qui ne manquera pas de replonger dans les années où Jean Rochefort racontait les histoires de Winnie, à la télévision, pour les plus jeunes. 

 

Winnipeg peut crâner, vue sa postérité...

 

Mais l’information ne s’arrête en si bon chemin. On apprend en effet que le crâne de Winnipeg, qui avait inspiré le personnage de l’ourson a été intégré dans les collections du Musée Hunterian de Londres. Dans le milieu des années 20, quand Milne se décide à créer cette adorable boule de poil jaune à pull rouge, c’est après sa rencontre dans un zoo. Il tomba alors nez à nez avec Winnipeg.

 

À sa mort, dans les années 30, la bête fut remise au Royal College of Surgeons Odontological Museum, lequel fut frappé par un attentat en 1941 qui détruisit la plus grande partie de ses collections. Sauf que l’histoire a le sens de l’humour : l’actuel directeur du musée Hunterian vient d’annoncer que le crâne de Winnipeg avait été retrouvé, après identification formelle. 

 

 

Winnie l'Ourson est mort : Nécrologie des héros jeunesse, par Isciane Drici

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

La cause de la mort n'a pas été difficile à trouver : l'addiction de Winnie au miel lui aura été fatale. « Son diabète était totalement incontrôlable. Je lui ai dit et répété de manger plus sainement, mais il n'a jamais voulu. », rappellait l'éditeur McSweeney, qui publiait une antho-nécrologie des héros jeunesse.

 

Le sexe des anges, et celui des ours ?

 

Selon les examens qui avaient été réalisés, Winnipeg était surtout morte... d’une mauvaise alimentation. En effet, les visiteurs lui apportaient de la brioche avec du miel dessus, que l’oursonne se régalait d’avaler. Sauf que le régime alimentaire a eu raison de son organisme...

 

Oursonne ? Eh oui : Winnipeg était une femelle. Ce que semble avoir redécouvert Lindsay Mattick, auteur d’un ouvrage, Finding Winnie : The True Story of the World’s Most Famous Bear. Remontant la piste du joyeux personnage de Milne, l’auteure rappelle en effet que l’ourse noire fut achetée par un vétérinaire canadien, vétéran de l’armée. 

 

Harry Colebourn dépensa 20 $, pensant ramener avec lui la créature, durant la Première Guerre mondiale. Il lui donna le nom de sa ville natale, Winnipeg (province du Manitoba), mais dut la laisser au zoo de Londres, alors qu’il fut déployé avec son régiment en France. 

 

Winnie l’ourson, de Milne, aurait en toute logique dû être Winnie l’oursonne. De quoi entretenir la ville de Pologne dans sa douce folie : les autorités de Tuszyn avaient en effet décidé d’interdire un terrain de jeu avec une statue de Winnie, l’année passée. 

 

La raison ? L’ourson était totalement nu, à l’exception de son pull rouge. Et on lui prêtait de surcroît une sexualité douteuse. Comme on ne voyait pas les attributs virils dus aux mâles, les habitants estimaient que l’auteur « a tranché les testicules [de l’ourson, NdA] avec un rasoir rouillé, à cause de ses propres problèmes d’identité ».

 

Certaines devraient envisager d’arrêter de couper le miel avec des plantes des bois...

 

(via The booksellerNYT)