Wislawa Szymborska, la Mozart de la poésie, est décédée

Clément Solym - 02.02.2012

Edition - International - Wislawa Szymborska - Mozart - poésie


C'est le secrétaire de l'auteure qui vient d'en informer la presse : Wislawa Szymborska, prix Nobel de littérature en 1996 est décédée, ce mercredi 1er février, des suites du cancer à la gorge qu'on lui avait diagnostiqué.

 

Elle avait 88 ans, et c'est à Cracovie, en Pologne que la poétesse s'est éteinte. Auteure, mais également traductrice, elle s'intéressait particulièrement à l'époque baroque, et notamment à Agrippa d'Aubigné, dont elle avait réalisé des traductions vers le polonais. 

 

Des ouvrages qui n'avaient cependant pu paraître, rapporte Reuters, qu'à partir de la fin de l'époque stalinienne, et de la censure qui pesait dans le pays, vers 1957. 

 

Par la suite, elle-même décidera de renier les textes et écrits parus avant cette période, considérant qu'ils étaient empreints d'une marque fortement appuyée : réalisme socialiste, stalinisme... pas vraiment des faits de gloire. 

 

 

Récompensée en 1996 par l'Académie Nobel, « pour une poésie qui, avec une précision ironique, permet au contexte historique et biologique de se manifester en fragments de vérité humaine », son oeuvre était particulièrement appréciée et connue, y compris en Allemagne. 

 

Au fil des années, elle avait été surnommée la Mozart de la poésie, et fut saluée, bien évidemment, par Vaclav Havel, dramaturge et homme politique tchèque, comme « une femme plaisante, sympathique et modeste ».

 

C'est à un journaliste qu'elle avait finalement livré son plus beau commentaire, alors que ce dernier lui demandait pourquoi elle n'avait fait paraître que 350 textes au cours de sa vie : « J'ai une poubelle chez moi. » Laquelle devait être pleine... « J'écris la nuit. Le jour, j'ai la fâcheuse habitude de relire ce que j'ai écrit pour constater qu'il existe des choses qui ne supportent même pas l'épreuve d'un seul tour du Globe », avait-elle ajouté.

 

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« J'aime la poésie de Wislawa pour son sens de l'humour. C'est un art intellectuel et profond. C'est l'oeuvre de quelqu'un qui porte sur le monde un regard amer et ravi en même temps », écrivait Tadeusz Nyczek, critique littéraire, cité par l'AFP.

 

 

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