Worldcon 2022 : les auteurs s’opposent à la candidature de l’Arabie saoudite

Camille Cado - 29.07.2020

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Dans une lettre ouverte publiée ce 28 juillet sur le site du Three Crows Magazine, 80 auteurs de science-fiction et de fantasy ont fait part de leurs inquiétudes et de leur ferme opposition à la candidature de l’Arabie saoudite pour accueillir la World Science Fiction Convention, ou Worldcon, en 2022. Parmi les signataires, Charles Stross, Juliet McKenna, Stan Nicholls ou encore Catriona Ward. 
 
 

Créée en 1939, la World Science Fiction Convention, plus connue sous le nom de « Worldcon », est la plus ancienne convention mondiale de science-fiction. Cette année, l’évènement qui devait avoir lieu à Wellington, en Nouvelle-Zélande, du 29 juillet au 2 août se tiendra sur la toile, au vu de la crise du coronavirus. Pour son édition 2021, le lieu des festivités a d’ores et déjà été acté, il s’agira de Washington DC. 

Le lieu de la convention est voté deux avant la tenue des évènements, par les membres de la Worldcon en cours. Pour son édition 2022, les villes de Chicago (États-Unis) et de Jeddah (Arabie saoudite) ont présenté leur candidature à travers des sites créés pour l’occasion. 
 

Le régime saoudien est contraire à tout ce que représente la SFF


Alors que le jugement devrait être rendu en fin de semaine, après le vote des membres de la Worldcon 2020, des auteurs de science-fiction et de fantasy ont fait part de leur indignation face à la possibilité que la convention puisse se tenir en Arabie saoudite.

Dans une lettre ouverte adressée au conseil d’administration de la World Science Fiction Society (WSFS) et aux présidents de la Worldcon 2020, Norman Cates et Kelly Buehler, et publiée à l’initiative de l’écrivaine Anna Smith Spark, les signataires affirment leur opposition à cette candidature, déclarant que « le régime saoudien est contraire à tout ce que représentent la science-fiction et la fantasy ».

Et ce, même si cela permettrait « de faire preuve de solidarité avec les artistes d’Arabie saoudite et d’autres États arabes » et « d’offrir aux fans la chance de visiter une ville d’une beauté à couper le souffle qu’ils n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de découvrir », reconnaissent les signataires. 


Les droits fondamentaux en jeu
 

En s’appuyant sur le dernier rapport d’Amnesty International, les auteurs dénoncent les restrictions portées à la liberté d’expression et aux droits humains, notamment vis-à-vis des femmes et de la minorité chiite. Et de pointer, entre autres, le fait que l’homosexualité y est illégale et passible de peine de mort. 

En outre, le document rappelle la responsabilité du pays dans la guerre au Yémen ainsi que le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018. « Dans ces conditions, organiser une convention littéraire à Jeddah s’avère absurde », insistent les signataires. 

« Nous refusons d’assister à un évènement, si ceux qui en font partie ne peuvent pas bénéficier des mêmes droits fondamentaux. Nous sommes profondément inquiets par le fait que de nombreux membres de la communauté SFF [science-fiction et fantasy, NDLR] seraient exclus de la convention en raison de leur sexualité, de leur nationalité ou de leurs croyances religieuses » reprennent-ils.
 

ARABIE SAOUDITE : Déjà en crise avant la pandémie,
le secteur de l’édition s'inquiète

 

Et de conclure : « Nous apportons notre soutien à ceux qui se mobilisent pour faire changer les choses. Nous écrivons pour protester, mais aussi dans l’espoir qu’en sensibilisant l’opinion à la situation politique en Arabie saoudite, une Worldcon pourra un jour y être organisée. »


La Wordcon, réservée aux pays occidentaux ? 
 

Face à cette lettre, Yasser Bahjatt, l’un des auteurs de science-fiction à l’initiative de la candidature de Jeddah pour accueillir la convention, s’est dit « profondément préoccupé ». « Nous respectons leur droit d’exprimer leurs inquiétudes ou même leur dégoût face à la possibilité d’une Worldcon en Arabie Saoudite, mais exiger que nous ne soyons même pas autorisés à candidater est absurde et malsain », a-t-il souligné auprès du Guardian.


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Yasser Bahjatt a également tenu à dénoncer le fait que la Worldcon se déroule principalement dans les pays de culture occidentale. « En tant que Worldcon, elle se doit d’accepter tout le monde », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Il y a une différence entre un plaidoyer pour encourager le changement vers un monde meilleur, et exiger que le monde adhère à vos codes moraux. Quand un tel ton est utilisé, ce n’est pas très différent des radicaux. »

Le pays d’accueil de la Worldcon 2022 devrait être révélé ce vendredi 31 juillet 2020.

Photographie : pixabay license




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