Yann Moix contre les anonymes Brasillach de l'Utopia

Clément Solym - 28.10.2010

Edition - Justice - cinema - journal - utopia


Eh bien ? Que se passe-t-il de nouveau avec Yann Moix ? Comment ça, une condamnation ? Fichtre. Et de 500 € qui plus est ? Allons, est-ce bien sérieux ? Oui, plutôt : en août 2009 dans le Figaro, il insulte copieusement le réseau des cinémas Utopia.


Évidemment, ces derniers ne le vivent pas très bien. Surtout qu'à ce moment-là, le film Le temps qu'il reste était dans les salles. Et la chronique de ce film, présentée dans le journal dédié des cinémas Utopia, fait alors sortir de ses gonds l'écrivain, qui expédie illico une tribune au Figaro pour montrer de quel bois lui se chauffe, et surtout, conformément à la théorie du point Godwin, il en vient à des propos désagréables.

Petit aide-mémoire :
La loi de Godwin provient d'un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s'approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » sont parfois attribués à l'unité. (voir Wikipedia)
Et nos confrères de BibliObs d'expliquer que Yann Moix compare le journal dans lequel le cinéma fait valoir ses chroniques, à Je suis partout, rendu célèbre pour ses bonnes relations avec l'occupant durant la Seconde Guerre. « Au moins, dans "Je suis partout", Brasillach signait, lui », envoie le romancier qui en rajoute une couche : ces cinémas « c'est de l'utopie de groupe, du paraphe de lâche, du ratonage intellectuel. C'est de la lettre anonyme, et fière de l'être ».

Si l'roi des cons perdait son trône, chantait Renaud...