Yasmina Reza aimerait se débarasser de Nicolas Sarkozy

Clément Solym - 26.06.2009

Edition - Société - Yasmina - Reza - Nicolas


Certaines erreurs de jeunesse vous collent à la peau et perdurent. Pour Yasmina Reza, L'aube le soir ou la nuit risque de perdurer. En substance, le texte rapportait : « La campagne présidentielle de Sarko. Vue par une groupie admise comme faire-valoir dans le dernier cercle. » Notre chronique en rendait compte avec simplicité : « Même pas bien écrit. Aucun intérêt. »

Mais aujourd'hui, l'auteure est épuisée de ces rapprochements permanents établis entre elle et le président Sarkozy Ier. Auprès de l'AFP, elle s'explique : « Ce sont des choses qui me froissent, qui froissent mon indépendance et véhiculent une idée de moi qui est tellement fausse que je ne sais plus quoi faire. »

Car à chaque petit mouvement culturel en France, son nom reviendrait comme un leitmotiv pesant et « pénible » : remaniement ministériel, nomination possible au Théâtre national de la Colline... pour cette dramaturge, récemment récompensée par un Tony Awards pour Le dieu du carnage, la situation s'envenime.

« Je pourrais m'en amuser et considérer ça avec une grande indifférence. Le problème c'est que ça n'est pas du tout anodin pour moi. » Et d'assurer qu'elle ne cherche aucune gratification politique ni administrative ou officielle, pas plus que de direction dans un théâtre. Pour elle, l'image est figée et « les gens qui ne me connaissent pas se disent : ah, elle est encore là, dans les sphères du pouvoir ».

D'autant qu'elle n'aurait jamais revu l'ancien candidat depuis son investiture, et qu'elle n'entretient aucun lien avec lui depuis mai 2007. Finalement, son carnet de campagne aura servi de témoignage, pour elle qui a « passé une année exceptionnelle en suivant cette campagne électorale ».

C'est peut-être là que le bât blesse...