ZAD : la bibliothèque Taslu, quantité négligeable pour le gouvernement

Nicolas Gary - 07.05.2018

Edition - Bibliothèques - Zone Defendre ZAD - bibliothèque Talsu ZAD - Notre Dame Landes


Depuis une quinzaine de jours, la Zone À Défendre a soumis des projets au gouvernement. Ce 23 avril, le dépôt était fermé, et une quarantaine de dossiers avait été présentée. Notre-Dame-des-Landes faisait un pas vers l’État, incarnée par la préfète de la région. Sauf que...


12 - DSC01504 - Inside the Taslu library
© zad - support the taslu library
 

 

La Loire-Atlantique n’avait jamais été autant au centre des attentions : Nicole Klein, la préfète, accueillait ces dépôts de projets avec bienveillance, pour ne pas dire un peu de condescendance. Au sein de la ZAD, 97 lieux de vie existaient : certains ont été détruits dans le processus d’expulsion, d’autres se maintiennent. Avec 40 dossiers nominatifs déposés, on estimait qu’une représentativité globale était bien là. 

 

Le fait est, pourtant, que la ZAD incarnait un ensemble, une globalité : « On a présenté tout ça en démontrant que tout est lié : enlever un élément de ce collectif, ça perturbe tout ce qu’il s’y passe », expliquait Cyril Boulignand, membre du COPAIN 44, le collectif d’agriculteurs opposés à l’ex-projet d’aéroport. (via Libération)

 

Le 26 avril, un projet coopératif avait été tenté, permettant de respecter « le bien commun et la biodiversité et permettrait une désescalade à Notre-Dame-des-Landes ». En effet, en dépit des dossiers nominatifs, « rien n’assure pour l’instant que le gouvernement ne relance pas de nouvelles expulsions des lieux de vie et des fermes, avec le risque d’une nouvelle escalade de la violence ». (voir ici)

 

Sur l’ensemble des dossiers, on savait déjà qu’une quinzaine allait poser problème à la préfecture. Parmi ceux-là, le projet de la bibliothèque du Taslu. Loin des approches strictement agricoles, cette dernière mettait en avant son projet originel : des ouvrages sur l’antipsychiatrie, les banlieues ou les lieux d’enfermement. D’ailleurs, la préfète aurait même trouvé fantasque cette idée de bibliothèque rurale, « ce qui peut être intéressant ». (via Reporterre)

 

Mais l’intérêt préfectoral s’arrête manifestement où commencent les enjeux jupitériens, apprend-on : 

 

 

 

De quoi provoquer l’incompréhension, et exacerber le sentiment de mépris que le gouvernement diffuse à l’égard de ce que la ZAD a pu instaurer :

 

 

 

Deux choses ressortent en effet : d’abord, le paradoxe faussement apparent entre l’idée d’ouvrir des bibliothèques le soir et le week-end, soutenue par Emmanuel Macron. Rappelons que cette mesure culturelle majeure du candidat ne disposera finalement que de 8 millions € pour être menée à bien. Peu, voire très peu, pour parvenir à ses fins

 

Ensuite, le devenir de la bibliothèque Le Taslu, qui n’aura donc pas d’avenir, en l’état, puisqu’elle ne porte pas de projet agricole. Ces derniers ne sont en effet pas « étudiés par les services de l’État pour le moment, car ceux-ci se concentrent exclusivement sur les projets agricoles. Bien que nous ayons proposé à de multiples reprises de voir d’autres services pour pouvoir pérenniser les projets para-agricoles et socio culturels, nous avons fait face à une fin de non-recevoir. Il est donc impossible de savoir à l’heure actuelle si ces projets, tels le phare et la bibliothèque, sont effectivement en danger. » (via Presquile Gazette)

 

Toutes les bibliothèques ne se valent donc pas aux yeux de l’État et du président. La Fontaine l’a écrit voilà bien des années dans ses Fables : « Selon que vous serez puissant ou misérable,/Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »


Commentaires

Ou on constate que la lutte contre l'aéroport et le monde qui va avec n'est pas une illusion. Condamner le Taslu, c'est rendre les cerveaux à TF1. Donner ces terres à la FNSEA (grands pacifistes comme le prouvent leurs actions), via la chambre d'agriculture, ce n'est pas uniquement condamner les terres à la pollution et au productivisme, c'est aussi polluer les esprits
Bonjour Nous avons remis gracieusement,une trentaine de livres de nos éditions à une équipe qui a monté la bibliothèque de la ZAD. De même la ZAD a reçu des donc nombreux de nos confrères... Que deviennent ces dons ? Nous sommes prêts à en refaire... Volons au secours d'un isolement intellectuel programmé par les gouvernants...

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