Zimbabwe : Tsitsi Dangarembga libérée, dans un contexte de révolte

Clément Solym - 03.08.2020

Edition - International - Zimbabwe Tsitsi Dangarembga - liberation Tsitsi Dangarembga - gouvernement révolte Zimbabwe


L’affaire aura été promptement réglée : Tsitsi Dangarembga, autrice zimbabwéenne, avait été arrêtée en fin de semaine passée. Son implication dans des manifestations, interdites par l’État, lui avait coûté sa liberté, temporairement. Le peuple protestait contre la corruption qui gangrène le pays, et la romancière avait apporté son plein soutien. 

Zimbabwe
 

« Mes amis, voici un principe. Si vous voulez que votre souffrance cesse, vous devez agir. L’action vient de l’espoir. » C’était le dernier message posté sur les réseaux que l’autrice avait pu communiquer. Une heure plus tard, apprenait-on ce 31 juillet, elle était arrêtée par les forces de police.

Une détention qui n’aura été que de courte durée, puisqu’elle a fini par être libérée sous caution, le lendemain de la manifestation anti-gouvernementale. Avec elle, onze autres personnes également incarcérées sont sorties de détention – dont l’avocat et porte-parole du principal parti d’opposition, Movement for Democratic Change-Alliance, Fadzayi Mahere. 

Tous seront convoqués pour une comparution le 18 septembre devant le tribunal. 

Amnesty international avait immédiatement réagi en découvrant comment les manifestants avaient été traités. « L’agression brutale contre des militants politiques et défenseurs des droits humains s’intensifie, alors même que ces gens ont eu le courage de dénoncer la corruption présumée et d’exiger des comptes de la part de leur gouvernement. »

Avant d’ajouter : « La persécution de ces militants est un abus flagrant du système pénal et une parodie de justice. »
 

Tout change, rien ne change


À sa sortie de prison, Tsitsi Dangarembga assure à l’APF que sa libération est un moment de bonheur. L’expérience de l’incarcération, qu’elle n’avait jamais connue, devient une forme de passage obligatoire quand on conteste le pouvoir en place. En dépit de la constitution du Zimbabwé qui autorise ces rassemblements, ils deviennent en pratique impossibles à mettre en place, car l’arrestation pend au nez de chacun.

Actuellement dirigé par Emmerson Mnangagwa, le Zimbabwé est sous le coup d’une dictature militaire, en vigueur depuis que le président Robert Mugabe, élu 37 ans plus tôt, a été renversé en 2017. Et la réélection de Mnangagwa à la tête de l'état en juillet 2018 a été particulièrement décriée. 

Malgré les promesses de relances et d’arrivée de capitaux étrangers, la crise économique que subit le pays empire de jour en jour. Une hyperinflation de la monnaie locale aboutit à ce qu’aujourd’hui, 90 % de la population serait sans emploi strict. Par ailleurs, l'actuel président est accusé de recourir aux mêmes méthodes que son prédecesseur, en termes de répression de l'opinion.

Rappelons également que son dernier ouvrage figure dans la liste du Booker Prize, récompense britannique de premier ordre. Ce qui a certainement joué pour beaucoup dans la médiatisation de sa situation. 


photo : Ulrika, CC BY ND 2.0


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