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Zombies, aliens et apocalypse : l'art ciselé de la série, chez Walrus

Clément Solym - 06.12.2012

Edition - Les maisons - Studio Walrus - nouvelle série - publication numérique


Le studio Walrus initie une nouvelle série, de Stéphane Desienne, Toxic. Le premier épisode vient de sortir, Homo-Putridus, avec un speech une fois encore renversant. Et pour les sceptiques, le Morse, une fois n'est pas coutume, propose de découvrir le premier épisode gratuitement et sans DRM. C'est toujours de bon goût.

 

« Amateurs de zombies, d'extraterrestres, de survival horror, d'intrigues alambiquées, de mystères interplanétaires et de courses poursuites, foncez sur vos tablettes, attrapez vos liseuses, téléchargez le livre et embarquez pour “Toxic”! Vous n'en sortirez pas indemnes, nous vous le promettons », promet l'éditeur avec cette nouvelle publication. 

 

Le premier épisode, à retrouver gratuitement

 

 

C'est que l'espèce humaine est vilainement menacée. Passe encore que les zombies aient envahi le monde et le dominent outrageusement, mais une race d'aliens décidée à faire de notre espèce une variété raffinée d'apéricubes, a dernièrement mis le pied sur la Terre. Bref, une nouvelle série, donc, que nous présente Julien Simon, cofondateur du Studio. « Nous avons lancé deux séries au sens propre du terme chez Walrus, "Jésus conte Hitler" et "Toxic". La Boîte de Schrödinger pourrait être considérée comme une série, mais c'est davantage un concept qui s'éloigne du principe originel de feuilleton », explique-t-il.

 

Faire découvrir et happer le lecteur

 

Pour ces deux séries, le Studio a vraiment voulu garder les bases du feuilleton littéraire : une histoire qui se poursuit d'épisode en épisode, avec du suspense, de l'aventure, du fun... et des monstres ! « Et les résultats sont excellents : nous atteignons les 6.000 téléchargements pour le premier épisode de "Jésus contre Hitler", ce qui pour un titre aussi bizarre et potentiellement choquant est une excellente nouvelle. Le taux de transformation du gratuit au payant grimpe de jour en jour, et on espère que ça va continuer. Nous espérons une aussi belle carrière à "Toxic", le petit nouveau. »

 

Offrir le premier épisode gratuitement est une stratégie que Walrus souhaite pérenniser : permettant à l'auteur et à la série de se faire connaître, c'est avant tout un moyen pour que les lecteurs découvrent un univers à moindres frais. « D'autant que pour les épisodes suivants, nous pratiquons une politique de prix assez agressive : environ 1,49 € pour chaque suite, environ une heure de lecture et surtout un format qui permet les expérimentations, les folies littéraires, bref, tout ce qu'il est difficile de faire dans un format plus traditionnel. »

 

En effet, par les thèmes abordés, Walrus saiut que le lectorat visé est très précis, « geeks, nerds, amateurs de science-fiction, de zombies et d'extraterrestres ou plus simplement, d'humour noir et mordant... mais ce lectorat n'est pas aussi important que celui de la romance, il est fidèle et est impatient de connaître la suite de l'histoire. En somme, nous avons fait un bond vers le XIXe siècle et ses journaux à feuilletons ».

 

Le format court de la série, mais particulièrement exigeant

 

Après plusieurs expérimentations, le Studio  constate que les séries ont d'ailleurs plus de succès auprès du public que les collections. Une vérité loin d‘être générale, et qui tient sûrement aux livres publiés. « Je pense que c'est dû au public qui est derrière: les fans de "Jésus contre Hitler" sont aussi ceux qui regardent "The Walking Dead" ou "Game of Thrones" à la télé. Ils sont habitués à un format court et qui peut être enchaîné à volonté en fournissant de nouveaux épisodes, de nouvelles saisons. C'est aussi notre culture, chez Walrus. » 

 

Mais reste que le travail entre auteurs et éditeur est au coeur de cette commercialisation. Le directeur de collection, chez Walrus, aide en cas les auteurs de besoin et - notamment - en cas de panne de scénario. La série est un genre exigeant, en matière de scénarisation, et surveiller la cohérence est une nécessité permanente. 

 

« Nous travaillons avec des synopsis, bien sûr, et nous aimons de temps en temps faire des suggestions sur certains passages ou certaines intrigues si nous estimons qu'elles pourraient être traitées d'une meilleure manière. En revanche, les auteurs auront toujours carte blanche pour tout proposer. Et dans 99 % des cas, nous acceptons leurs bizarreries et leurs folies. C'est aussi pour ça que le Morse est le Morse. Et nous comptons développer cette forme littéraire dans les prochains mois. » 

 

France-Allemagne, 0-1

 

Disposant d'un solide point de vue sur le marché numérique allemand, le Studio Walrus porte sur les deux secteurs un regard intéressant. « En France, arrivé à 10.000 exemplaires vendus, on sable le champagne. En Allemagne, à 300.000 exemplaires vendus du même titre, on sort le bocal de saucisse en haussant un sourcil », explique-t-il.

 

Deux pays certes très proches, mais deux cultures particulièrement différentes.