1,5 million € pour redécouvrir les écrits de femmes depuis 1500 à 1780

Clément Solym - 28.12.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - écrits travaux femmes - voix femmes littérature - pensée réflexion femmes


Voilà plusieurs années, Carme Font se découvre une vocation d’universitaire bien précise : sauver les œuvres d’auteures européennes, et leur rendre la reconnaissance qu’elles méritent. Voire, qui leur a été refusée au cours des siècles. Professeur de littérature anglaise à l’université autonome de Barcelone, il s’est donc lancé...

Carel van der Pluym - Old Woman with a Book. mid-1650s
orionpozo, CC BY 2.0 (Carel van der Pluym)


C’est désormais fort d’une subvention de 1,5 million €, reçue du Conseil européen de la recherche, que l’universitaire pourra mettre à bien son projet. Il s’agit de parcourir les archives publiques et les collections privées, à la recherche de lettres, manuscrits, poètes et réflexions formulées par des femmes entre 1500 et 1780. 

L’objectif est avant tout de retrouver la voix de ces auteures, dont la plume fut considérée par le passé comme trop personnelle, féminine ou... anecdotique. « C’était des femmes sans éducation formelle. Elles ont écrit des textes populaires et des lettres sur la religion, la politique. Leurs textes sont moins sophistiqués, et pas vraiment ceux de femmes écrivains célèbres, mais ce sont eux que nous redécouvrirons », indique-t-il au Guardian
 

Critiquée pour la forme, oubliée par le fond


Selon l’enseignant, la langue utilisée par les auteures était la plupart du temps celle du domaine religieux – sans pour autant qu’elles ne soient limitées à des écrits bibliques : « Il existe des textes de tous les jours sur des problèmes familiaux, des péripéties matrimoniales ou encore des abus sexuels, et elles témoignent de leurs propres frustrations. »

Là encore, pour ne pas tomber dans la caricature, les textes ne versaient pas dans la plainte ou la doléance constante : nombre d’entre elles écrivaient sur des sujets qui les intéressaient, tout simplement. Politique et actualité. Et le manque de reconnaissance qui les a frappées ne tiendrait définitivement qu’à leur sexe. 

On a pu critiquer, en son temps, leur maladresse stylistique, qui ne répondait pas aux canons en vigueur durant ces quasi trois siècles. « C’est ainsi que leurs travaux ont fini par se retrouver marginalisés. »

Or, si aucune d’entre elles ne semble avoir de penchants trop prononcés pour le mysticisme, ajoute l’universitaire, elles font toutes état d’une compréhension profonde de l’être et de l’âme humaine. Le tout avec une approche « aussi impressionnante que le travail de leurs théologiens hommes contemporains ».

Le projet ne fait que démarrer, et vise avant tout à faire comprendre que, malgré une approche différente de l’écriture, les idées formulées possèdent une véritable et authentique valeur intellectuelle. Pas gagné ? « Nous devons simplement modifier la manière dont nous lisons ces textes, et leur octroyer une valeur plus juste », conclut-il...


Commentaires
Coucou, Carme c'est un nom de femme et Carme Font est effectivement une femme, professeure a l'UAB.
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