150e anniversaire de l'unique Nobel de littérature belge, Maurice Maeterlinck

Clément Solym - 28.08.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Commémoration - Maurice Maeterlinck - Prix Nobel


L'écrivain gantois, en 1911 et par la grâce de l'Académie suédoise, devint l'unique Belge primé d'un Nobel de littérature. Une reconnaissance qui couronnait la renommée internationale, acquise en qualité de dramaturge. Maurice Maeterlinck a par ailleurs exercé sa plume en prose poétique, ou encore au travers d'essais symbolistes. Né le 29 août 1862, il aurait fêté ses 150 ans, ce mercredi, rapporte RTBF.

 

 

 

 

Enfant aisé de la bourgeoisie, il suivit son collège sous l'autorité des Jésuites à Sainte-Barbe, avant de faire des études de droit. Il fit ses débuts littéraires en publiant des poèmes et trouva certaines inspirations au fil de rencontres en Belgique ou à Paris, notamment avec le mystique Jan Van Ruysbroeck et des écrivains symbolistes comme Villiers de l'Isle Adam. Après quelques publications dans un journal belge, son premier recueil de poésie Serres chaudes fut édité en 1889 tout comme sa première pièce de théâtre La Princesse Maleine. Octave Mirbeau salua son talent dans les colonnes du Figaro, contribuant à la célébrité du jeune auteur.

 

Traduit dans diverses langues, il participa à l'essor du théâtre symboliste en Europe. Le mouvement s'évertuait alors à délaisser les artifices techniques pour se focaliser sur une atmosphère spirituelle teintée de mysticisme, de fatalisme ainsi que par l'omniprésence de la mort. Le genre se développait alors en France sous l'impulsion des idées de Richard Wagner, mettant en avant une nouvelle esthétique onirique et poétique, s'adressant plus à l'inconscient du public qu'à son entendement le plus rationnel.

 

Avant de s'installer à Paris, il rencontra Georgette Leblanc en 1895, sa muse et compagne avec laquelle il partagea ensuite 23 ans de vie. Au cours de ses années parisiennes, Maurice Maeterlinck fréquenta de grands noms parmi lesquels : Oscar Wilde, Paul Fort, Stéphane Mallarmé, Camille Saint-Saëns, Anatole France ou encore Auguste Rodin ...

 

C'est en France qu'il publia des piliers de son oeuvre, dans lesquels s'exprime sa vision du monde : la pièce de théâtre Aglavaine et Selysette, l'oeuvre poétique Douze Chansons, ainsi que l'essai Le Trésor des Humbles.

 

L'écrivain quitta finalement la capitale pour vivre dans un ancien presbytère puis ce qui avait été une abbaye normande, avant de jeter son dévolu sur le sud du pays et la Côte d'Azur. C'est là, près de Nice qu'il allait finir par transformer un ancien casino en palais féerique rebaptisé Orlamonde.

 

Son oeuvre théâtrale retrouva ensuite des teintes plus optimistes, ainsi qu'un véritable succès international avec L'Oiseau Bleu qui vaudra à l'artiste son futur prix Nobel en 1911. Il publiera ensuite quelques autres ouvrages : sur le monde social des insectes, sur le monde végétal, ou encore ses mémoires de jeunesse Bulles Bleues

 

Après avoir vécu la première guerre mondiale, et l'exil volontaire aux Etats-Unis en préssentant l'arrivée de la seconde, Maurice Maeterlinck termina sa vie en 1949 au sein de sa villa niçoise. Il était âgé de 87 ans.

 

" Il y avait un Maeterlinck génial, un auteur dérangeant et prophétique, et un conteur rassurant, distingué, que certains disaient faire du prêchi-prêcha ", selon Jacqueline Caenberghs.