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2000 ans après, le poète latin Ovide est de nouveau fréquentable

Laure Besnier - 20.12.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Ovide Rome - Réhabilitation poète - Ovide Exil


La légende veut que le célèbre poète latin Ovide a terminé sa vie dans l’opprobre, en exil à Tomis (aujourd’hui Constanța, en Roumanie, sur les bords de la Mer Noire), pour des raisons encore inconnues à ce jour - même si l’on se doute que le ton irrévérencieux de l’auteur n’a pas plu à l’empereur Auguste. Deux mille ans après, Ovide obtient enfin réparation : il vient d’être réhabilité par le Conseil municipal de Rome. 



Ovide - Kostas Minaidis, CC BY SA 2.0
 
 

2000 ans après sa mort en l'an 17, l’auteur de L’art d’aimer et des célèbres Métamorphoses, exilé par l’empereur Auguste en l’an VIII, vient d’être réhabilité grâce à une résolution du Conseil municipal de Rome, approuvée à l’unanimité. Elle vise à « réparer le sérieux préjudice » subi par le poète célèbre pour son ironie. 

 

Encore aujourd’hui, on ne connaît pas les raisons exactes de son exil. Pour certains, c’est à cause de L’art d’aimer, un texte qui explique l’art de la séduction aux hommes et qui aurait irrité l’Empereur Auguste. Ce dernier venait d’adopter des lois contre l’adultère et en aurait donc pris ombrage.  

Le poète, lui, avait seulement écrit, comme raison de son exil : « carmen et error » c’est-à-dire « un poème et une erreur ». Est-ce donc L’art d’aimer, telle est la question.

En effet, « Même si le poème ne préconise pas ouvertement l'adultère, il flirte avec l'idée », déclare Rebecca Armstrong, professeur associé en lettres classiques à l'Université d'Oxford, à l'AFP. « Il adopte clairement un ton irrévérencieux envers les attitudes morales traditionnelles et envers l'empereur et sa famille ». Par exemple, notre facétieux poète recommande quelques monuments romains, construits par l'Empereur et sa famille, comme lieux sympathiques pour draguer les filles. 

Le doute subsiste tout de même : le texte avait été publié quelques années avant qu’Auguste ne décide de se débarrasser de l’insolent poète. Selon les experts, l’erreur évoquée par Ovide aurait été celle de trop. 

D’autres avancent l’hypothèse d’un scandale lié à la petite-fille d’Auguste, Julia, exilée en 2 av. J.-C. sur l’île de Pandateria pour un adultère commis avec un sénateur romain. Cette dernière pu revenir seulement cinq ans plus tard.

Quoi qu’il en soit, Ovide n’a pas apprécié son exil dans la « frontière sauvage » de Tomis et n’eut de cesse de tanner l’Empereur pour avoir l’autorisation de revenir à Rome. 

 

Il présenta par exemple des excuses pour L’art d’aimer, dans un poème. Mais, dans une sorte d’acte manqué, il y laissa entendre que l’Empereur était un lecteur peu sophistiqué, qui n’avait pas beaucoup d’humour. À se demander s’il essayait vraiment de revenir à Rome. 

Une réhabilitation qui met donc en valeur l’oeuvre du poète qui « aurait été content » de cette issue, indique Mme Armstrong, heureux d’apprendre « que les gens s’intéressent encore à lui et lisent toujours ses poèmes ». Une dernière hypothèse cependant doute de l’exil réel du poète. Ces derniers écrits pourraient donc être vus comme une sorte de littérature expérimentale. 


Ovide - L'art d'aimer - Gallimard - trad. du latin par Henri Bornecque - 9782070365326 - 6,60 €
 




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