Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

250 livres de Thomas Jefferson manquent à l'appel

Clément Solym - 04.06.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Thomas Jefferson - Bibliothèque Congrès - incendie


Perdre un livre, prêté, oublié, cela arrive : en voir disparaître 250, ayant appartenu à l'un des présidents américains, cela a quelque chose de plus cocasse. Surtout quand c'est la Bibliothèque du Congrès qui reconnaît que les ouvrages sont manquants - et que les membres de son personnel sont actuellement à la recherche des livres perdus. Une mission pour Indiana Jones ?

 

 

Williamsburg - Thomas Jefferson Statue

ComputerGuy, CC BY 2.0, sur Flickr

 

 

Bon, selon NPR, qui rapporte l'information, les livres ne sont pas réellement perdus dans les méandres de labyrinthiques dédales. De fait, la bibliothèque personnelle de Jeff' avait brûlé dans un incendie, en 1851 - et la Bibliothèque du Congrès ne s'est que récemment mise en recherche des documents restants, à travers le monde. 

 

C'est que la bibliothèque a été éparpillée aux quatre vents, dans de tristes conditions. En 1812, les Britanniques s'emparent de la ville de Washington, et mettent le feu à de nombreux bâtiments - Maison Blanche et Capitole y compris. Or, dans ce dernier, on retrouvait une bibliothèque, et l'ensemble des 3000 livres qu'elle contenait a servi à allumer les feux. Jefferson, désemparé de voir cela, décide de mettre en vente ses propres livres, pour le montant que les Américains étaient disposés à mettre. 

 

La collection s'élevait à 6487 livres, et Jefferson en tirera 23.000 $. Et voilà qu'en 1851, un autre incendie survient, cette fois sans véritable rapport avec les Britanniques. Un tiers des ouvrages de Jeff survit. Ils avaient été stockés dans le Bloggett Hôtel, devenu le Capitole temporaire, et qui est aujourd'hui la Bibliothèque du Congrès. 2000 exemplaires nous sont parvenus, et maintenant que l'on s'y intéresse sérieusement, il s'avère que 250 manquent à l'appel.

 

Les livres sont actuellement visibles dans le cadre d'une exposition et mis à la disposition du public, comme l'aurait certainement souhaité l'homme politique. On y distingue ceux qui venaient directement de sa bibliothèque, des copies réalisées par la suite. 

 

Jefferson avait été sévèrement critiqué dans son action contre les Anglais, où il lui fut reproché son manque d'efficacité. Il participa à la rédaction de la Déclaration d'indépendance, et son visage figure, aujourd'hui, sur les billets de 2 $.