4 ans de prison pour avoir revendu des gravures de la BnF sur eBay

Victor De Sepausy - 30.11.2017

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Le tribunal correctionnel vient de charger de 18 mois de prison ferme un ancien employé de la Bibliothèque nationale de France. Ce dernier avait dérobé plus de 200 gravures abritées dans les collections de l’établissement. Certaines ont été regrettablement abîmées, et, par la suite, écoulées sur internet.


Bibliothèque nationale de France
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Quatre années de prison, dont 30 mois de sursis, c’est la peine prononcée contre le magasinier qui n’a pu faire état que de ses remords et de la honte qu’il éprouvait. Âgé de 43 ans, l’homme aura également à s’acquitter d’une amende de 10.000 €, et pour le préjudice, de 90.000 € à verser à l’établissement.

 

Condamné pour vol de biens culturels et dégradations, il a « porté atteinte au rayonnement du patrimoine culturel de la France ». Son acte a manifestement été motivé par l’argent, strictement : criblé de dettes, le vol des articles aura servi à le remettre à flot.
 

Les collections d’estampes, constituées à partir du XVIIe siècle au sein de la Bibliothèque royale et accrues par l’instauration en 1632 du dépôt légal de l’estampe, réunissent des œuvres de graveurs français et étrangers, anciens et contemporains : Dürer, Callot, Rembrandt, Goya, Hokusaï, Picasso, Matisse, Tapiès, Jim Dine, etc. Elles sont conservées en majorité au département des Estampes et de la photographie.
Les collections de gravures françaises représentent la quasi totalité de la production d’estampes en France à partir du XVIIe siècle et continuent aujourd’hui de s’enrichir d’œuvres d’artistes contemporains et de la production d’ateliers d’imprimeurs (URDLA, Arte-Maeght, Linard…).

 

Les premiers vols ont été commis en 2014, et durant une année – début 2015 – les quelques 226 gravures ont été extraites des réserves. « Au troisième étage des réserves se trouvaient peut-être cinq boîtes pas rangées. C’est comme ça que ça a commencé », rapporte l’AFP.

 

L’établissement a constaté les vols début 2015, découvrant que des gravures du XVIe et XVIIe siècles, où étaient reproduits des dessins de Brueghel l’Ancien, le peintre flamand.

 

Sur l’ensemble du larcin, seules 178 pièces ont été retrouvées, et 132 sont sérieusement endommagées. Avec les 45.000 € de la revente, l’ex-employé explique avoir fait des voyages, ou encore acheté des meubles et des vêtements...