40 000 documents abolitionnistes contre l'esclavage à retranscrire : à l'aide !

Victor De Sepausy - 17.02.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - esclavage commerce triangulaire - documents abolition esclavage - crowdsourcing public transcrire


Pudiquement baptisé par les historiens Commerce triangulaire, l’euphémisme ne tient aujourd’hui plus : entre l’Europen, l’Afrique et l’Amérique, c’est un commerce d’esclavage qui avait cours. Avec ses codes, ses règles, et même des consignes pour la fabrication réglementaire des navires. D’ailleurs, triangulaire, c’est un peu omettre l’Amérique du Sud — Rio de Janeiro fut l’un des ports négriers les plus importants au monde. 

 

slavery
Balathasan Sayanthan, CC BY 2.0

 

À partir du XIXe siècle, et bien avant que la Guerre de Sécession n’intervienne, des partisans américains prônant la fin de l’esclagave se sont manifestés. Le mouvement abolitionniste, porté par les idées des Lumières traverse les frontières et les océans. Et la bibliothèque publique de Boston dispose actuellement de plus de 40 000 documents, entrés dans l’histoire, et ouvrant une fenêtre justement sur cette histoire. 

 

Sa collection Anti-Esclavage est réputée et les ressources ont été largement numérisées au cours des années passées. Cependant, pour rendre ces éléments exploitables, la bibliothèque fait appel au public. Une opération de crowdsourcing visant à retranscrire l’ensemble des textes, lettres, manuscrits et autres (journaux, tracts, etc.), est proposée au public. 

 

Depuis 1830 jusqu’à la fin des années 1870, cette collection abrite les interventions des plus grands noms de l’abolitionnisme. Pour prendre part, même sans maîtriser parfaitement l’anglais, ce sera à cette adresse.

Le public est simplement invité à lire les documents, et grâce au outils mis en place sur le site, aider à réécrire les textes des pages numérisées : on peut se lancer sans trop de difficultés pour les pages imprimées type journaux. C'est parfois plus délicat avec des lettres manuscrites... 

 

Dans le Minnesota, Harper Lee et Mark Twain expurgés
des programmes scolaires

 

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Commentaires

Lorsque les historiens parlent de commerce triangulaire, il est question d'un commerce entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques, donc ils n'oublient pas Rio. Quant au commerce lui-même, voici ce qu'en dit une élève de quatrième d'un collège de province, après correction des fautes d'orthographe par son professeur :

"Dans les ports européens comme Liverpool, Nantes ou Bordeaux, on embarque des produits manufacturés (tissus, vaisselle ou armes) pour les vendre ou les échanger avec des marchands d'esclaves en Afrique (côte des esclaves). Les esclaves sont ensuite transportés dans des conditions horribles vers les Amériques où ils sont vendus sur des marchés. Les bateaux repartent avec plein de produits exotiques (café, tabac, épices, plante tinctoriales) qui seront revendus en Europe.



Il s'agit donc bien d'un commerce triangulaire dans lequel, en suivant les documents de l'époque, les esclaves sont considérés comme une marchandise comme une autre. Que cela nous horrifie aujourd'hui ne change rien à l'affaire. Quant au chapitre étudié dans le manuel, il s'intitule bien "Grand commerce et traite négrière au XVIIIe siècle". Pas d'euphémisme, donc, du côté des historiens.
Le mot "traite négrière" lui-même ne devrait être qu'une anecdote au détour d'un document. "Commerce de l'esclavage", pour prendre le premier exemple me passant en tête, serait beaucoup plus juste factuellement et parlant pédagogiquement, non ?

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