À Barcelone, une école retire 200 livres jugés sexistes de sa bibliothèque

Camille Cado - 15.04.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - livres sexistes école Barcelone - bibliothèque livres sexistes - égalité genre livres


L’école Tàber, située à Barcelone, a récemment décidé de retirer 200 livres jugés « toxiques » et « sexistes » de ses étagères. Ce choix, qui ne cesse d’agiter la presse et l'opinion publique espagnoles, fait partie d’un projet plus large, celui d’instaurer l’égalité des sexes dans les écoles. Et le renouvellement des fonds documentaires fait partie du programme pour y parvenir.


(photo d'illustration - Ben_Kerckx - Pixabay License) 
 
L’année dernière, l’école Tàber avait déjà conclu — après une analyse de 600 ouvrages — que la majorité des personnages féminins étaient secondaires, et qu’ils étaient cantonnés à des tâches domestiques. À l'inverse, les personnages masculins étaient des protagonistes importants avec des qualités jugées plus nobles comme le courage et l’ambition. 

En vue de cette analyse, 60 % des ouvrages de la bibliothèque véhiculeraient des stéréotypes sexistes. Mais pour ne pas vider plus de la moitié de son fonds, l’école basée à Barcelone a décidé de ne passer en revue que 200 livres, soit plus de 30 % de sa collection. 

Parmi ces ouvrages, les célèbres récits de Perrault, puis des frères Grimm, Le Petit chaperon rouge et La Belle au bois dormant, mais aussi La Légende de Saint Georges, connu en Espagne sous le nom de La Sant Jordi, une fable à laquelle sont très attachés les Catalans. 

« La société évolue et est plus sensible à la question du genre. Dans la petite enfance, les enfants sont des éponges et absorbent tout ce qui les entoure afin de pouvoir naturaliser les schémas sexistes. Ces ouvrages livrent un message sur qui peut exercer la violence et contre qui », souligne Anna Tutzó, une des mamans qui soutient le projet. 

Pour casser les stéréotypes de genre et faire bouger les choses, l’école Tàber a décidé d’enlever ces ouvrages uniquement en maternelle. « Au contraire, en élémentaire, les élèves ont un regard plus critique et ces livres sont pour eux l’occasion d’apprendre les schémas sexistes et de les combattre », reprend-elle. 
 

Instaurer l’égalité dans les écoles


D’autres écoles situées à Barcelone ont également décidé d’emboîter le pas, au nom d’un légitime combat pour l’égalité. Par exemple, l’école Montseny a commencé à consulter son catalogue et a d’ores et déjà annoncé que les livres sexistes seront retirés. 

À l’école de Fort Pienc, l’association des parents d’élèves (AMPA) a créé une commission sur l’égalité des sexes et examine de près le contenu du fonds de l’établissement. Si l’école est dépourvue de bibliothèques, des familles ont acheté des ouvrages l’année dernière pour créer un espace de « temps calme » dans la cour dans le but d’encourager les élèves à troquer le ballon pour un livre. Une seule règle était imposée aux parents : ne pas amener des livres au contenu sexiste et stéréotypé. 
 

« Le type de livres que les enfants lisent est très important, car les livres traditionnels reproduisent les stéréotypes de genre et il est bon de disposer de livres qui rompent avec ces schémas », explique Estel Crusellas, présidente de l’AMPA de l’école Fort Pienc. « À cinq ans, les enfants ont déjà consolidé leurs rôles, ils savent ce que c’est que d’être un garçon ou une fille et ce que cela implique. Il est donc essentiel d’arracher le mal à la racine, et ce, dès l’enfance. »

“Une grande attaque féministe contre l’éducation”

Si cette décision semble ravir les familles et le corps enseignant, elle est aussi sujette à la controverse. En effet, sur le magazine évangélique Impacto Evangelistico, l’article titré « Nouvelle attaque féministe » dénonce l’école Tàber, en l'accusant de censure : « Sous prétexte que des histoires emblématiques sont des histoires toxiques au regard du genre, car elles promeuvent des “valeurs dénigrantes et discriminatoires à l’égard des femmes”, cette décision anormale a été prise. »

« Il faut défendre nos enfants des griffes de l’idéologie du genre », conclut l’article. « Personne ne peut nous interdire de lire quelque chose, encore moins pour satisfaire les intérêts de tiers. »

Le journal en ligne Voz Populi s’est aussi montré très virulent face à cette décision : « Au nom du politiquement correct et de l’inclusif, la société contemporaine donne d’importants signes de censure et de résurrection de l'Inquisition. » 

« Quand ce n’est pas le féminisme, c’est la maltraitance des animaux. [...] Le monde actuel est recouvert d’un nuage de correction, un moyen d’entrer dans une enfance perpétuelle via une liberté tuteurée. » De nombreuses maisons d’édition comme Thule Ediciones, Andana Editorial, Pípala et Ekaré, pour ne citer qu’elles, se sont aussi opposés à cette décision de l’école en publiant une tribune sur les réseaux sociaux. 

« Les contes traditionnels font partie de notre patrimoine culturel », affirment-ils. « La littérature, y compris la littérature jeunesse, reflète le monde dans lequel elle a été créée. [...] L’égalité est favorisée par un regard critique sur ces textes, bien plus que par leur simple suppression. »
 

« Retirer ces ouvrages est un signe d’intolérance et de paternalisme. Les gens doivent pouvoir décider de ce qu’ils veulent lire » poursuivent-ils. « Lire des livres avec des idées différentes, stéréotypés, et ouvrir le débat peut aider les élèves à devenir des lecteurs critiques. Ne pas le faire, au contraire, enferme les étudiants dans une bulle fictive et les laissera sans défense face aux arguments et aux faits qu’ils devront affronter tôt ou tard. » 
 

Via El País


Commentaires
Pour reprendre une terminologie qui plait tant à ces progressistes, "cela nous rappel les heures les plus sombres de notre histoire", c'est vrais quoi, les nazis eux aussi aimaient faire des autodafé ! Alors le craquage d'allumette c'est pour quand ? Histoire d'en finir une bonne fois pour toute avec ces livres ignobles.
On peut tous s'arrêter 5 secondes pour relire ceci ? : "Pour casser les stéréotypes de genre et faire bouger les choses, l’école Tàber a décidé d’enlever ces ouvrages uniquement en maternelle. « Au contraire, en élémentaire, les élèves ont un regard plus critique et ces livres sont pour eux l’occasion d’apprendre les schémas sexistes et de les combattre »".



Donc, on décide de prendre des ouvrages qui ne sont plus considérés comme desservant la cause de l'Humain (oui oui c'est ça le féminisme) et de les passer de la section enfant en bas âge qui gobe tout ce qu'il entend comme veridic à la section enfant qui commence à développer un esprit critique. Comment on peut comparer une démarche qui met en valeur l'accès à la culture AVEC un regard critique à de la censure ? Quand quelqu'un repeint une piece en noire je vais lui dire "wow ça ressemble à un hôpital" juste parce que c'est monochrome, faut prendre tous les éléments en compte.
Comme le dit très justement le magazine « Impacto Evangelistico », cette décision est bien une « grande attaque féministe contre l’éducation » sexiste, au prétexte que « des histoires emblématiques sont des histoires toxiques au regard du genre, car elles promeuvent des “valeurs dénigrantes et discriminatoires à l’égard des femmes”...

Fidèles à leurs valeurs, les intégristes : « Pour le mariage, la Bible présente des exigences spécifiques pour chaque genre » : L'épouse doit être le soutien de son mari (Genèse 2.20) et se soumettre à lui (Éphésiens 5.22)

https://issuu.com/impactoevangelistico.net/docs/761_ri_frances_web

Merci à Actualitté de nous rappeler ces belles valeurs – symbolisées par le slogan de « La Manif Pour Tous » : « égaux mais différents » (surtout différents, en fait...). Ce slogan bien connu, cher aux sexistes et aux homophobes, est repris ici mot pour mot, ainsi que le décorum bleu / rose, par leurs adversaires (les cathos tradis et les évangélistes se détestent, mais ils détestent encore plus les autres). Le bonheur dans la soumission : pour les femmes, il n'y a que ça de vrai, et on ne va tout de même pas chasser des bibliothèques scolaires des textes qui préparent les jeunes esprits à vivre ces bonheurs injustement contestés par des féministes égalitaristes !
J'ai lu toutes ces histoires, dans me sentir soumise pour cela.

Si cela vous rend soumise, c'est un travail individuel à faire chez le psychologue.

Notre force c'est d'être différentes des hommes.

Le jour où les femmes seront comme les hommes, on aura tout perdu et les féministes auront détruit ce qui nous rend meilleures
J'ai déjà lu ce bouquin. C'est Fahrenheit 451, de Ray Bradbury.

On ne me la fait pas.
C'est de la censure produit par des ayatollah féministes. De tous temps, les dictatures ont procédé de même.

Sélection des ouvrages, formatage de l'éducation et et séjours en camps de rééducation pour les adultes qui s'opposent au dogme promu. Il en résultera comme d'habitude un appauvrissement culturel et sociétal.

Une chose me rassure néanmoins. Tous les totalitarismes finissent par engendrer un profond néant dans lequel ils se noient. Ce n'est qu'une question de temps.
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