A l'école des mots, un écrivain chez les collègiens

Clément Solym - 22.03.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - education - nationale - échange


La p'tite scène est investie de trois classes de collège, représentantes des 89 établissements ayant participé au projet de travail avec un écrivain. L'expérience est née en 2007 et semble être une véritable réussite. L'ambition étant de donner envie de lire et d'écrire, le partenariat entre un écrivain et un collège a été possible grâce au soutien de la Caisse des Dépôts, de la Maison des Écrivains et de la Littérature ainsi qu'à l'appui de France Télévision qui consacre un espace sur leur site web à l'opération.

Longue vie à l'écriture !

Jean Marc Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire est à l'initiative de programme. Il explique l'importance pour les collégiens de fréquenter les classiques de la littérature comme les oeuvres contemporaines afin de mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. Parce qu'il est évident que l'on ne lit plus autant qu'avant et que les jeunes se dirigent plus facilement vers des écrans que vers l'encre et le papier.

Emmanuel Adely qui a travaillé avec le collège Westhock de Coudekerque (près de Lille) a choisi de participer à cette expérience pour voir ce qu'une classe pouvait bien penser d'un livre. De son livre Fanfare. Le succès qu'il a eu auprès des élèves l'a poussé à continuer (il voulait partir en courant, mais les enfants ont bloqué les portes). Et le dialogue entre l'auteur et la classe s'est tellement bien déroulé (E. Adely les considère comme ses neveux) qu'un livre a été fait : Natation littéraire qu'ils ont écrite ensemble.

Marilyne et Mohammed, les portes-paroles de Champigny montent sur scène et partagent leurs impressions sur le chemin parcouru avec Christine Orban. Ils ont étudié la notion de personnage et proposé des travaux d'écriture qui ont ravi l'auteur de N'oublie pas d'être heureuse.


 
Un écrivain ! Un vrai ! Un vivant !

Les élèves insistent sur leur intérêt et de pouvoir parler avec un écrivain. Ils ne se sont pas laissé intimider et ont fait preuve d'une vraie curiosité même si leurs camarades des autres classes ne semblent pas partager leur intérêt. « Bah ouais, c'est qu'ils s'en foutent » Merci Mohammed... Il n'y a pas d'école pour l'écriture, pas de Beaux Arts du Beau Mot, pas de Licence de poésie ou d'institut du roman policier. On apprend tout seul, ou on peut. Ces élèves profitent alors du programme d'échange pour découvrir une littérature vivante et leur propre plume.


Paroles d'auteurs

Avec E. Adely et son livre Fanfare, les collégiens ont travaillé sur la question du Moi. Les adolescents ont des choses à dire. Ils peuvent écrire ce qu'ils veulent s'ils le disent bien. « Écrire c'est pas si mal que ça ». Imane a justement travaillé sur le vocabulaire. Son franc-parler transmis sur papier devait s'ajuster aux personnages pour prendre de la force. Mike, dans la même classe qu'Imane au Collège Westhock qui n'était pas prêt de se jeter dans le bain de l'écriture a redigé une nouvelle de 4 pages et demie. Même s'il ne se souvient plus de quoi elle parle ( ! ), il en est très fier.


Bilan: on prend les mêmes et on recommence !

Les élèves du collège J. Rostand sont là aussi (et on les entend ! ). Leur marraine d'écriture, Dominique Barberis manifeste sa joie d'avoir travaillé avec les adolescents sur le thème de l'exil, de l'immigration. Le sujet étant brûlant et familier à de nombreux d'entre eux, les récits sont riches et réussis.

L'expérience a donc tout pour se poursuivre. Les élèves sont ravis du contact avec une personne extérieure au collège, les profs peuvent s'intéresser à des ouvrages contemporains, et les auteurs, eux, en apprennent aussi beaucoup. Un petit mot de la part de J-M Blanquer : on pense même à éditer les travaux effectués en version électronique. Si ce n'est pas un succès, j'en mets ma main à couper...