À Montpellier, l'école où les élèves ne reçoivent pas de notes

Clément Solym - 12.05.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Montpellier - école - note


Depuis la rentrée de 2007, l'école Antoine Balard a basculé du côté Célestin Freinet de la Force : les dix classes sont devenues classes uniques, avec une vingtaine d'élèves qui partagent et décident mutuellement du fonctionnement. « Le but du jeu n’est pas d’avoir le résultat, c’est… », lance Sylvain Connac, leur professeur, mais « De comprendre ! » répondent les élèves. On reste loin des inquiétudes liées à la réforme des programmes scolaires.

Pas de notes

Des ceintures de couleurs donnent accès à des droits : plus l'élève se responsabilise, plus ses droits augmentent. Ainsi, au lieu de la récréation, on peut se rendre sur un ordinateur, rester en classe... au choix.

Depuis 1998, la pédagogie coopérative s'est mise progressivement en place. Alors que l'établissement est classé ZEP et que les élèves sont d'origine nord-africaine, une mutation s'imposait. Martine Azaïs, institutrice, raconte : « Il y avait le feu. On s’est dit : Cela ne peut pas venir que des élèves ».

En 2004, première évolution significative : cinq des dix classes deviennent classes uniques. Avec cinq enseignants supplémentaires l'année suivante, c'est la bascule définitive pour cette « école à projet spécifique », selon l'Éducation nationale.

« Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage »

Mais la préparation ne s'est pas faite sans peine : « Il a fallu tout aborder. Les rituels, le conseil d’enfant, la monnaie, les fichiers autocorrectifs, les cahiers et les logiciels utilisés, etc. », se souvient Mireille Laporte Davin. Et même au cours de l'année, les réunions vont bon train. Il faut peaufiner, affiner, ciseler...

Pour les ateliers interclasses, une heure par jour, les élèves s'orientent vers leurs préférences. Pour les professeurs, pas de supérieur hiérarchique, la fonction directoriale est répartie entre les professeurs.

Relations parents/profs

Car si entre les membres de l'équipe pédagogique ne manquent pas de clashs, les parents en rajoutent aussi : « Certains ont l’image d’une pédagogie pas cadrée parce que les enfants se lèvent en cours », explique Laurent Leseur. Bien que l'établissement ait montré que « l’hétérogénéité des classes crée de la sérénité, les enfants sont beaucoup moins tendus. Et depuis deux ans, tous les CE2 maîtrisent les règles de base de lecture et d’écriture ». On les invitera peut-être à fonder leur propre école, sur le modèle de celle créée à Rambouillet.

En mars, toute l'école avait reçu les encouragements lors du 1er Forum enseignants innovants, qui se tenait à Rennes.

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