Accroître l'autonomie des élèves pour inciter à la lecture

Clément Solym - 25.05.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - lecture - autonomie - élèves


Présentée ce 23 mai, l'enquête internationale PISA évalue tous les trois ans, chez les élèves de quinze ans, les compétences en compréhension de l'écrit, culture mathématique et culture scientifique. La lecture au collège, petit livre du Centre national de documentation pédagogique,

 

Fruit d'une collaboration entre la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) et le Centre national de documentation pédagogique (CNDP), la collection « Évaluations élèves » fournit des éléments de réponse objectifs aux interrogations récurrentes sur le niveau des élèves dans le système éducatif français. Parmi les observations de l'étude menée par l'OCDE, sur les pratiques de lecture des élèves de 15 ans, en 2009, et l'évolution que ces pratiques prennent, c'est l'autonomie des élèves qui est au coeur des approches nouvelles à mettre en place. 

 

Le Pisa a pour objectif de « vérifier si les élèves sont capables, à la fin de leur scolarité obligatoire, d'appliquer leurs acquis dans un contexte proche de la réalité quotidienne », souligne l'AFP.

 

Le livre « répond aux questions suivantes : quels ont été les résultats des élèves français en 2009 ? Quelle évolution constate-t-on entre 2000 et 2009, années où la compréhension de l'écrit a été majoritairement évaluée ? Comment expliquer le phénomène de la non-réponse chez les élèves français ? Quelles sont les pratiques scolaires de lecture au collège ? »

 

Autonomie, donc, ainsi que l'a démontré un exercice de théâtre. Au cours de celui-ci, les élèves ont montré qu'ils n'étaient pas en mesure de réfléchir au texte de la pièce, probablement à cause du « manque d'autonomie et de constance de l'élève dans l'effort de lecture », estime l'étude. La présence du professeur qui guiderait donc par trop l'élève, dans le cas de textes difficiles, prive finalement l'élève d'un effort d'autonomie et de pensée personnelle pour déchiffrer seul le texte.

 

« Bien souvent, les séances de lecture analytique privent les élèves d'une phase de découverte attentive, confiante et silencieuse du texte », précisent les auteurs de l'étude, Hélène Moreau, professeur de lettres, Christian Mendivé, IPR et Anne Vibert (IG), qui signalent que, parmi les trois épreuves prises en compte par le Pisa - accéder aux informations et les localiser, intégrer et interpréter, réfléchir et évaluer - la dernière n'est que rarement un succès. 

 

Ainsi, « les nouvelles instructions officielles qui orientent l'enseignement des lettres insistent pourtant sur la nécessité d'entraîner les élèves à réagir ou à prendre position » et de développer « l'apprentissage de l'oral ». Toutefois, les auteurs ne sont pas dupes : si leurs conclusions sont toutes théoriques, la réalité dans les classes est évidemment très éloignée des perspectives que l'on peut envisager.

 

En effet, pour nombre d'élèves, les textes étudiés ont souvent quelque chose du « support stérile », voire de la « conscience morte ». Et de ce fait, l'éloignement entre le contenu et le contexte de l'élève, rend plus complexe l'envie de lire et de découvrir.

 

 

Le livre est disponible à cette adresse