Afghanistan : d'autres morts après des corans brûlés

Clément Solym - 27.02.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Afghanistan - OTAN - Coran


Les manifestations n'en finissent pas en Afghanistan depuis que des exemplaires du Coran ont été brûlés dans l'enceinte d'une base militaire américaine à Bagram. Une mèche qui vient d'être brûlée et a enflammé tout le pays, tourmenté, à son sixième jour de protestations meurtrières.

 

La population afghane est unie et en colère, depuis que des ouvriers ont découvert les restes calcinés d'exemplaires du Coran dans la base de Bagram. Pour les afghans, pas de doute, c'est un autodafé.

 

Mais selon la Défense américaine, les livres servaient à transmettre des messages entre les prisonniers détenus à la base, d'où leur destruction. Trop tard, la fureur du peuple afghan, déchaînée depuis une semaine, ne se contient pas, ainsi que les représailles des talibans, ayant trouvé matière à violence. 

 

 

Ce matin, neuf personnes ont été tuées et huit blessées dans un attentat suicide à l'aéroport de Jalalabad, base de l'OTAN, revendiqué par les talibans. Dimanche, deux manifestants ont été tués dans la province de Kunduz, au nord du pays.

 

Selon les autorités, les manifestants auraient tiré sur la police et jeté des grenades contre une base américaine voisine. Un bilan qui s'alourdit alors que la semaine dernière, les manifestations avaient entraîné la mort de cinq personnes et une vingtaine de blessés. Au total, une trentaine de personnes ont été tuées.

 

Du côté américain les autorités ont présenté leurs excuses au gouvernement afghan en expliquant qu'il s'agissait d'une erreur. Mais ces mots n'ont pas été entendus et la situation ne s'est pas apaisée pour autant. Samedi, deux conseillers américains de l'OTAN sont morts au ministère de l'Intérieur à Kaboul, une attaque revendiquée par les talibans, une fois de plus en représailles après la destruction des exemplaires.

 

L'OTAN a donc décidé de rappeler tout son personnel travaillant dans les ministères afghans, et le gouvernement américain a ordonné à ses conseillers de rester à l'ambassade à Kaboul. Une transition, avant le retrait des troupes de combats internationales qui aura lieu fin 2014.