Albert Camus, élément turbulent surveillé de près par le FBI

Antoine Oury - 02.01.2020

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Pendant ses années à la direction du FBI, John Edgar Hoover porta un intérêt tout particulier aux activités de dizaines d'artistes et d'auteurs. Pas seulement ceux qui résidaient outre-Atlantique, d'ailleurs : en 1946, Hoover ouvre ainsi un dossier consacré à un certain Albert Canus, qui n'est autre qu'Albert Camus, évidemment. La psychose du communisme aura déclenché l'enquête, mais les agents concluront rapidement à l'absence d'activités subversives de la part du sujet.


Photographie d'Albert Camus après l'obtention du Prix Nobel de Littérature
(United Press International, domaine public)


« La personne mentionnée ci-dessous est identifiée comme le correspondant du journal Combat (basé à Paris, France) à New York. Cet individu a signé des articles erronés qui s'avèrent défavorables à l'intérêt public du pays, rapporte le ministère de l'Intérieur. » Ainsi commence le dossier ouvert au nom d'Albert Canus par le Federal Bureau of Investigation, avec une belle coquille en guise d'introduction...

Identifié comme un résistant au cours de la Seconde Guerre mondiale, avec de possibles sympathies pour les mouvements socialistes et communistes, Albert Camus était dans le collimateur de John Edgar Hoover, qui signe en février 1946 une lettre ouvrant l'enquête sur l'auteur de L'Étranger.

Également désigné sous le pseudonyme de P.F. Corus par le FBI, Camus voit son dossier s'épaissir au fil de l'enquête des différents agents impliqués : ces derniers rectifient pour commencer l'orthographe du nom de l'auteur, avant d'établir son engagement en tant qu'auteur. L'arrivée imminente de Camus aux États-Unis, en mars 1946, à l'occasion d'un congrès à l'université de Colombia, précipite les investigations.
 
Évoquant l'existentialisme de Jean-Paul Sartre, l'agent précise que Camus s'en détache, « parce que, pour lui, l'absurdité ne réside pas tant dans l'homme en lui-même ou dans le monde en soi, mais plutôt dans le fait que les deux s'entremêlent ». C'est par la révolte que Camus entend donner à la vie son prix, comme le souligne l'agent, ce qui pourrait déboucher sur des incitations révolutionnaires.

Cependant, le FBI trouvera tant dans les écrits de Camus que dans ses discours une certaine modération et, surtout, une condamnation simultanée des fascismes nazi et soviétique. En juillet 1946, l'enquête de quelques mois se conclut donc sur une absence « d'activités subversives ou politiques » de la part du sujet...

Le dossier est disponible ci-dessous, en intégralité.




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