Allemagne : 600 livres perdus lors de la Seconde Guerre mondiale refont surface

Camille Cado - 12.04.2019

Patrimoine et éducation - Patrimoine - livres pillage nazi - livres pillage 2de Guerre mondiale - Bibliothèque Bonn Allemangne


Le 11 avril 2019, 600 ouvrages ont été rendus à la Bibliothèque universitaire et régionale de Bonn en Allemagne, plus de 70 ans après leur disparition pendant la Seconde Guerre mondiale. La collection comprend de précieux manuscrits médiévaux, des estampes du début du XVe siècle, de rares cartes historiques ainsi qu’un grand nombre de livres sur les oiseaux du naturaliste allemand Maximilian zu Wied. 

Manuscrit
Photo d'illustration : Apple Boutique Gallery, CC BY SA 2.0
 

Michael Herkenhoff, conservateur des manuscrits et des livres anciens à la Bibliothèque de Bonn (ULB), a décrit le retour de ces œuvres comme « une énorme surprise ». Il s’agit en effet de la plus grande restitution de livres perdus pour la Bibliothèque allemande.

« Beaucoup d’œuvres doivent être remises en état. Nous devons donc les restaurer puis les cataloguer de nouveau. Mais c’est un défi de luxe qui nous attend, car nous n’aurions jamais pensé revoir ces volumes un jour », reprend le conservateur. 
 

Des livres pillés redécouverts à Londres


Parmi les 600 ouvrages, 150 jugés comme « les plus précieux » de la restitution ont été découverts lors de leur mise en vente à Londres par Sotheby’s, la plus ancienne maison de ventes aux enchères du monde. Ces livres appartenaient à Tania Grégoire, une femme belge, qui avait hérité des ouvrages de son père, ancien soldat pendant l’occupation qui avait été affecté à Bonn. 

Et dès l’arrivée à Londres des ouvrages, les experts de la maison ont immédiatement reconnu « qu’il y avait quelque chose de louche » affirme Lukas Baumann, assistant au catalogage des livres de Sotheby’s. « Il y avait des livres sans reliures, des pages de titre déchirées, des timbres de bibliothèques effacés. Il est devenu évident que ces livres avaient été pillés pour dissimuler les origines de leur provenance ». 

Heureusement, certains ouvrages portaient des marques ou des signatures, ce qui a permis aux spécialistes de faire le lien avec la Bibliothèque de Bonn. Contactée par Sotheby’s, la bibliothèque a ensuite fourni un inventaire complet des livres perdus, recensant quelque 180 000 volumes manquants depuis la Seconde Guerre mondiale. 

Cette première découverte a conduit les employés de la bibliothèque de Bonn à se rendre dans le garage de Tania Grégoire, où 450 autres livres leur appartenant ont été trouvés. 
« Nous avons eu une chance improbable », a souligné Michael Herkenhoff. « Ça n’arrive jamais qu’une maison de vente aux enchères vous contacte pour vous annoncer qu’elle a trouvé quelque chose qui vous appartenait. »

Monika Grütters, Déléguée du gouvernement fédéral pour la Culture et les Médias, a qualifié cette restitution de « résolution exemplaire ». « C’est un exemple parfait de la fructueuse collaboration entre le marché public et les institutions », a repris Lukas Baumann. 
 

"Nous ne nous attendions pas à ce qu’ils refassent surface"


Parmi les trésors de la collection, une copie manuscrite du XIIIe siècle des pièces de théâtre de Terence, grand poète comique latin, mais aussi un volume d’Aldo Manuzio, célèbre imprimeur vénitien et inventeur de l’écriture italique, datant de 1495. 

La collection comprend également un grand nombre de livres sur les oiseaux de l’explorateur et naturaliste allemand Maximilian zu Wied.

Une grande partie de ces ouvrages a été perdue lors d’un attentat en octobre 1944 qui a détruit le bâtiment principal. D’autres ont disparu à la fin de la guerre et pendant l’occupation. 

« Nous ne nous attendions pas à ce qu’ils refassent surface », reprend Herkenhoff. « Nous avons déjà eu quelques livres rendus, mais jamais rien de tel. »
En effet, en 2011, un soldat américain avait ramené un manuscrit du XVIe siècle à la bibliothèque. Plus récemment, les héritiers d’un autre combattant ont rendu trois ouvrages datant du XVIe et XVIIe siècles.

Via The Art Newspaper, The Guardian


Commentaires
L'histoire se termine bien pour Bonn, et tant mieux ! Les institutions allemandes ne montrent pas, hélas, leur enthousiasme à rendre meubles, livres, manuscrits, tableaux volés en Belgique, Hollande et France... et les Suisses, qui estiment avoir fait des transactions légitimes (!!) non plus.
Bonjour,

Pourquoi les institutions allemandes ne donnent pas aux Belges, Hollands, Suisses..les choses de leurs pays? Quel/qui la Résistance?
Je suis dacord. Les allemandes ne sont pas tres vites dans les restitutions des ouvres pillées ... Mais aussi le pillage de Napoléon alors? Depuis XIX siècle on deverait faire beaucoup the restistutions ...
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