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Anna Akhmatova : victime du pouvoir stalinien, la poétesse russe renaît

La rédaction - 05.12.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Anna Akhmatova - domaine public - calendrier avent création


Le calendrier de l’avent du Domaine public propose chaque jour de découvrir un auteur, une créatrice, quel que soit le domaine artistique, dont les œuvres entreront dans le domaine public en 2017. Proposé par le collectif SavoirsCom1, c’est Bagolina qui propose aujourd’hui un portrait de l’auteure Anna Akhmatova.

 

Portrait d’Anna Akhmatova par Kouzma Petrov-Vodkine (1922)

 

Anna Akhmatova avait pris pour nom de plume celui de sa grand-mère d’origine tartare, Anna Andreïevna Gorenko (Анна Андреевна Горенко). Celle dont le petit nom pouvait être Anouch, Aniouta ou Annouchka, signait parfois d’un triple AAA ses poèmes (Anna Andreievna Akhmatova). Au cours du 20ème siècle, elle a été nommée de maintes façons, par ses admirateurs « Reine de la Neva » ou « l’Âme de l’Âge d’Argent » ou ses détracteurs, le pouvoir stalinien la qualifiant de « Renégate ».

 

Poétesse, traductrices de livres en langue française, auteure d’essais littéraires d’une pièce de théâtre disparue elle était née à Odessa en juin 1889 et mourut à Moscou le 5 mars 1966. Dès le début du 20ème siècle, avec son mari Nikolaï Goumilev, elle s’était engagée dans la création du mouvement poétique « Acméisme », en opposition à l’hermétisme du symbolisme. Condamnée en 1922 comme élément bourgeois, sa poésie fut alors interdite mais elle fut lentement réhabilitée de son vivant, à partir de la mort de Staline en 1953.

 

A cause de l’interdiction décrétée par les pouvoirs staliniens, nombre de ses poèmes ont disparu. Certains ont été appris puis restranscrits de mémoire par ses amis ou ses admirateurs. D’autres ont été racontés, et il ne reste plus que le sentiment de ce que les mots exprimaient. Sa pièce de théâtre « Prologue » en est un exemple. Brûlée, détruite entièrement, elle a été racontée par son amie Nadejda Mandelstam, épouse d’un des fondateurs de l’acméisme. La pièce débutait par la descente d’une échelle de l’héroïne en chemise de nuit car elle n’avait pas eu le temps de s’habiller pour se présenter devant le tribunal où elle a été convoquée…

 

 

Calendrier de l'avent du Domaine public : demandez l'édition 2017 

 

Pour en savoir plus sur la questions de durée des droits d’auteur en Russie, lire le billet du blog Romaine lubrique « Droit d’auteur et domaine public au pays des Soviets. C’était un peu différent avant » par Alexis Kauffmann (22 octobre 2014)

 

Pour en savoir plus sur Anna Akhmatova :


La fiche Wikipedia d’Anna Akhmatova.


Et celle sur le musée qui lui est dédié.


Sa fiche sur le site Poetry fondation (avec une bibliographie complète)

 

La critique de l’ouvrage Sur Anna Akhmatova, souvenirs inédits écrits par Nadejda Mandelstam et traduit du russe par Sophie Benech, présentée sur le site littéraire Le bruit du temps en 2013. Juste là.

 

Le très joli billet en langue anglaise (18 août 2013) de Yolanda A. Reid sur son blog Y. Reid books ? qui explique son bonheur à lire d’Anna Akhmatova « On the life and poems of Anna Akhmatova ». Par ici

 

Le texte sur le site de l’association Esprit nomade (28 octobre 2010) sur « Anna Akhmatova. L’icône de la souffrance russe ». A cette adresse

 

Un film sur la vie d’Anna Akhmatova est sorti au moment de l’anniversaire de sa naissance en 1989 (sortie initiale le 4 mai 1990), sous le titre Личное дело Анны Ахматовой. Réalisé à partir de montages de films anciens par Tamara Guseva, on peut y entendre des extraits de ses poésies récités par Anna Akhmatova elle-même ou d’autres, des entretiens avec elle ou des amis proches comme Lidia Chukovskaya. Il est accessible :

 

 

 

Un recueil de ses poésies en langue russe (1922) est librement accessible sur Archive.org, numérisé par l’université de Toronto.