Archives : comment collecte-t-on la mémoire d'un pays confiné ?

Antoine Oury - 15.06.2020

Patrimoine et éducation - Patrimoine - memoires de confinement - memoires deconfinement - archives confinement


Dès les premières semaines du confinement imposé aux Français, les services d'archives se sont lancés dans une mission périlleuse, mais enthousiasmante : constituer la mémoire de la crise sanitaire, en appelant les citoyens à témoigner. Un travail que le service des Archives de France a vocation à accompagner, en proposant recommandations et conditions d'utilisation.

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Sous le mot-dièse #memoiredeconfinement, l'opération homonyme réunissait de nombreux services d'archives français : un large appel aux témoignages était lancé aux citoyens, pour collecter des écrits, photos, vidéos, dessins et autres supports d'expression.

Si les différents services d'archives ont chacun organisé leur collecte, les Archives de France ont rapidement soutenu les initiatives en créant une page dédiée sur le portail France Archives. « De la même façon que nous avons opéré une valorisation immédiate, nous le ferons ensuite pour les éléments qui nous seront signalés par les services et qui pourront sûrement prendre des formes diverses, sans que l'on puisse préjuger de ce qui sera fait et dans quel délai, bien sûr : bilan de la collecte (types et nombre de documents collectés, profil des “donateurs”...), actions de valorisation (mise en ligne, extraits de documents, utilisation pédagogique...), etc. », nous explique par email Brigitte Guigueno, conservateur en chef chargé de la politique des publics au Service interministériel des Archives de France (SIAF).

Comme nous l'expliquait Cyril Longin, directeur des archives municipales de la ville de Saint-Étienne, les formats des témoignages reçus sont très hétérogènes, mais envoyés « à 80 % en numérique ». Aussi, la question de la conservation et de l'accès garanti aux documents est-elle centrale.

« La collecte et le traitement des documents font partie du cœur de métier des archivistes ; qu'il s'agisse ici de documents d’origine privée ne change rien aux processus », indique Brigitte Guigueno. « La difficulté cependant pouvait être liée aux différents supports numériques envoyés par les contributeurs, avec les moyens et dans les formats dont ils disposaient. Le traitement de ces supports et formats fait l'objet de recommandations de la part du SIAF depuis de nombreuses années dans le but d'assurer une conservation pérenne (pour l'éternité !) ainsi qu'une consultation aisée par le public. »

À propos de consultation, précise le SIAF, « les services ont déterminé dès le départ des conditions d'utilisation-type de ces documents — pouvant comporter des données relatives à la vie privée (nom, adresse, nom de tiers...) — afin que de ne pas se retrouver avec des documents collectés, mais inexploitables ».
 
L'avenir de ces documents collectés est entre les mains des archivistes, mais ce sont en particulier les chercheurs qui pourront exploiter de telles ressources, sans parler des historiens, dans quelques décennies. 

En attendant, si certains d'entre vous souhaitent encore participer ou témoigner, un certain nombre de services d'archives ont prolongé les opérations de collecte avec des « Mémoires de déconfinement » : n'hésitez pas à vous renseigner quant aux modalités de collecte, avant la date de clôture. Cette dernière sera fixée par chaque service, « sachant que certaines personnes réagissent à chaud, et que d'autres ont besoin de recul », souligne le SIAF.

Photographie : illustration, Jeanne Menjoulet, CC BY 2.0


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