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Arthur Rimbaud : poète, mais aussi photographe

Elodie Pinguet - 30.11.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Arthur Rimbaud poète - Rimbaud Photographe - exil volontaire


Après sa querelle avec Verlaine en 1873, Rimbaud décidera rapidement d’abandonner la poésie. Il s’enferme alors dans un exil volontaire et partira en voyage. Il se prendra de passion pour la photographie et sept de ses clichés sont parvenus jusqu'à nous. À ce jour, l’un est à la BnF tandis que les six autres sont conservés au musée Rimbaud à Charleville-Mézières.

 

Autoportrait de Rimbaud à Harar, en 1883, conservé par la BnF

 

 

En 1875, Arthur Rimbaud remet le manuscrit des Illuminations à son ancien amant, Paul Verlaine. Il part ensuite en voyage à travers l’Europe, en Égypte, à Chypre, aux Indes orientales. Il arrive ensuite à Harar, en Éthiopie au début des années 1880. Et s’il a mis de côté la poésie, il va rapidement se passionner pour un autre procédé esthétique : la photographie.

 

En 1882, Rimbaud commande un appareil photo, des livres et du matériel de développement à Lyon pour illustrer un livre sur « ces contrées du Harar et des Gallas » qui ne verra finalement pas le jour. Il reçoit tardivement son matériel en début d’année 1883, lors de son retour à Harar après un passage à Aden. De ces moments de sa vie, sept photographies prises en 1883 sont restées dont trois autoportraits.

 

L’histoire de ces clichés est plus ou moins détaillée dans les lettres que Rimbaud envoie régulièrement à sa famille avec ses photos. En mai 1883 il leur fait parvenir ses autoportraits, « l’un debout sur une terrasse de la maison, l’autre debout dans un jardin de café, un autre les bras croisés dans un jardin de bananes », cependant voués à disparaître, car au développement « tout cela est devenu blanc, à cause des mauvaises eaux qui me servent à laver ». 

 

Ses premiers essais se font à tâtons, mais il assure à sa famille qu’il va « faire un meilleur travail par la suite ». Il a également fait parvenir quelques clichés à son employeur Alfred Bardey dont une image de Costantino Sotiro au milieu d’une jungle, lui aussi employé de la maison Bardey. Alfred, en réponse, lui signale que « plusieurs de vos photographies sont brouillées, mais on voit bien qu’il y a des progrès ».

 

Rimbaud a également fait une photo d’une scène de la vie quotidienne d’un marchand à Harar. C’est un cliché de mise en scène classique, avec le sujet principal au centre de la photographie. À sa famille il déclare que « tout le monde veut se faire photographier ici, on offre même une guinée par photographie ».

 

Le poète exilé semble avoir arrêté la photographie en 1885 après avoir revendu son appareil. Néamoins, il est judicieux de se demander si en deux ans il n’aurait pas pu réaliser d’autres clichés. Lucille Pennel, directrice du musée Arthur Rimbaud, pense que d’éventuelles autres photographies prises par Rimbaud ont été perdues.

 

Arthur Rimbaud reste ainsi un poète aux multiples facettes dont certaines sont peut-être encore inconnues. Toujours est-il que de sa relation amoureuse avec Verlaine aura peut-être conforté sa décision de partir en voyage. Le jeune génie avait en effet été blessé par Verlaine en 1873. Et le pistolet utilisé dans la dispute est d'ailleurs mis en vente ce soir à Paris.

 

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Via L'oeil de la Photographie et France Culture