Assouplissement de la carte scolaire : une réussite aux yeux du ministère

Clément Solym - 22.07.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - assouplissement - carte - scolaire


Lorsque la mesure d’assouplissement de la carte scolaire a été mise en place à l’été 2007, de nombreuses voix, dans l’opposition comme dans le monde de l’éducation, avaient crié gare à la ghettoïsation. En réponse, Xavier Darcos se félicite des bons chiffres qu’il peut donner à la presse. Pour la rentrée 2008, 115.000 demandes ont été enregistrées et 88 % ont pu être satisfaites.

Les demandes se regroupent sur l’entrée en sixième et en seconde :

Les parents émettent avant tout des choix concernant l’entrée en sixième (59.000 demandes) et dans la classe de seconde (40.000 demandes). La naissance de la carte scolaire date de 1963. Elle impose la scolarisation des enfants dans l’établissement le plus proche du domicile. Mais depuis bien longtemps, il était notoirement connu qu’une frange aisée de la population passait entre les mailles du filet de façons aussi diverses que variées.

Le ministère se montre satisfait :

Pour éviter les effets pervers de l’absence de sectorisation, le ministre de l’Education avait demandé, pour la rentrée 2007, aux inspecteurs d’académie de favoriser les demandes concernant les boursiers, les fratries ou bien encore les élèves handicapés.

Et ce discours semble avoir bien été pris en compte pour la validation des demandes. Pour la rentrée 2008, le dispositif a été généralisé et toutes les familles peuvent demander l’établissement de leur choix. Les critères de priorité refont surface qu’en cas d’un trop grand nombre de candidats pour un même établissement.

Les syndicats font part de leurs craintes face à la disparition de la carte scolaire :

Se félicitant des premiers résultats obtenus, le gouvernement souhaite aller plus loin. A l’horizon 2010, une suppression totale de la carte scolaire est envisagée. Cependant, certains syndicats d’enseignants craignent l’apparition de ghettos.

Ainsi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, estime qu’ « on ne peut pas tirer de conclusions sur des chiffres globaux ». Il souhaite « une étude précise et contradictoire sur les établissements de départ et ceux choisis » a-t-il déclaré à l’Associated Press.

Selon lui, cette mesure « va sûrement permettre l'arrivée de quelques élèves en difficulté dans des établissements réputés, mais le problème est de l'autre côté, dans les établissements que l'on quitte. Il y aurait plus de mixité si des élèves issus d'établissements favorisés allaient dans des établissements qui le sont un peu moins ».