Aucune interdiction du journal d'Anne Frank en école de Virginie

Clément Solym - 03.02.2010

Patrimoine et éducation - A l'international - Anne - Frank - interdiction


Que le Hezbollah estime que le journal d'Anne Frank doive être censuré, c'est idiot, mais c'est ainsi. Surtout face à une accusation de sionisme. Sans blague...

Mais qu'une école américaine décrète que le livre est de surcroît pornographique et déprimant, là, on frôle la connerie humaine d'une aile de plomb... Pourtant, l'école du comté de Culpeper (Virginie) avait été pointée du doigt pour une décision imbécile et des prétextes tout aussi navrants. En effet, le directeur de l'enseignement, James Allen, assurait que l'on n'utiliserait plus ce livre à l'avenir dans son établissement, et que cette décision, prise rapidement, n'avait pas cru bon avant son application d'être soumise aux procédures d'usage.

Tout avait commencé lorsqu'une mère s'était sentie choquée à la lecture d'un passage où Anne évoque des sentiments érotiques à l'égard d'une autre jeune fille, ou encore quand elle procède à une description de son sexe (et s'étonne qu'un enfant puisse en sortir...). Cependant, elle ne souhaitait pas pour autant que le livre soit supprimé. Elle demandait juste à ce que sa fille n'ait pas à lire à voix haute en classe les passages - de crainte, probablement que cela ne lui donne des idées...

Les plaintes ont plu façon hallebardes sur la tête de l'intéressé et la critique a déversé son flot de flammes, attirant l'attention sur un comté qui n'avait rien demandé. Pour le surintendant Bobbi Johnson vient de faire entendre un tout autre son de cloche.

Selon lui, le livre n'a jamais été formellement supprimé du cursus ni des classes. Au contraire, il réunira prochainement un collège de professeurs et de spécialistes pour examiner ce livre ainsi que de nombreux autres afin de déterminer une liste de lecture pour les enfants d'équivalent collège, pour leurs cours d'anglais.

Le surintendant estime qu'une campagne de mésinformation a découlé de divers quiproquos, entraînant alors des rumeurs trop rapidement érigées en réalité.