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Audrey Azoulay à la tête de l'UNESCO : la candidate qui dérange

Laurène Bertelle - 26.05.2017

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L'ancienne ministre de la Culture, Audrey Azoulay, s'est rendue ce jeudi au sommet du G7 de Taormina afin de soutenir sa candidature à la présidence de l'UNESCO. Elle est ainsi entrée en concurrence avec huit autres pays, qui tous ont leur championne ou leur champion. Or, la candidature française n'est pas du goût de chacun.


Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication
(Audrey Azoulay, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)



Audrey Azoulay est arrivée hier jeudi 25 mai au sommet du G7 de Taormina, afin de défendre sa candidature au poste de directrice générale de l’UNESCO, pour remplacer Irina Bokova, dont le second mandat se termine après 8 ans à la tête de l’organisation.

L’ancienne ministre de la Culture sous François Hollande avait en effet déposé sa candidature in extremis en mars dernier, juste avant la clôture des inscriptions. Lors du G7, Audrey Azoulay « rencontrera des autorités internationales en marge du sommet », a précisé l'Elysée, cité par l'AFP.
 

De l'impossibilité d'être prophète en son pays – en moins encore à l'UNESCO
 

Si le président de la République, Emmanuel Macron, a confirmé son soutien à Audrey Azoulay, il y en a d’autres que cette possibilité dérange. Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice Les Républicains et membre de la Commission nationale pour l’éducation, la science et la culture à l’UNESCO, s'était exprimée sans retenue en mars dernier.

Elle jugeait la candidature malvenue, pour deux raisons : d’une part, le siège de l’UNESCO étant en France, il est selon elle traditionnellement exclu que le pays qui accueille une organisation internationale soit également à sa direction, et, d’autre part, la présidence devrait revenir à un pays arabe.
 

« Une telle candidature est une insulte aux pays arabes, qui n’ont jamais obtenu un tel poste à l’Unesco et envers lesquels des engagements moraux avaient été pris pour que ce poste revienne à un des leurs », avait-elle précisé à l'AFP, dans une dépêche. 


Et Audrey Azoulay de se défendre alors, quelques jours plus tard, sur France Inter : « Il est très important que l’Unesco puisse redevenir un lieu de dialogue, pour cela je pense que la France peut jouer un rôle. [...] Dire que la candidature de la France est une insulte est en soi préoccupant, surtout quand on est un élu de la République. »

 

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A ce jour, ce sont au total neuf pays qui proposent une candidature pour prendre la tête de l’UNESCO, soit l’Irak, le Qatar, l’Azerbaïdjan, le Liban, le Guatemala, l’Egypte, le Vietnam, la Chine et enfin la France, qui est donc cette année le seul pays d’Europe à se présenter.

Pourtant, durant ses 72 ans d’existence, l’UNESCO a vu à sa tête 10 présidents, donc 7 venaient d’Europe ou d’Amérique du Nord, explique The Art Newpaper. En revanche, le poste de directeur général n’a été occupé que par un seul Français, René Maheu.
 

Dans sa lettre de candidature, Audrey Azoulay avait notamment insisté sur les thèmes de l’éducation, du développement durable, de l’égalité et de l’ambition culturelle de l’UNESCO. Il faudra cependant attendre cet automne avant de connaître le nom du ou de la prochain(e) directeur(trice) général(e).