Aurelie Filippetti : taxer les étudiants pour une 'licence globale'

Clément Solym - 13.12.2011

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Aurélie Filippetti - Hadopi - étudiants


Député de Moselle, Aurélie Filippetti a été cooptée par François Hollande, qui pour sa campagne présidentielle, en a fait la madame culture. Pas vraiment le thème central des préoccupations, bien que cette fichue histoire de hausse de la TVA soit au coeur de la déjà problématique année 2012... 

 

Tout cela est bel et bon, et l'on aurait plutôt tendance à saluer la prise de position de la dame, sur la question de l'Hadopi. « Hadopi a eu des vertus. Cela a permis de parler du droit d'auteur et de faire de la pédagogie. Mais cela n'a pas amélioré la rémunération des créateurs. Surtout, Hadopi a pour la première fois opposé le public et les artistes. C'est une catastrophe qui ne doit pas se reproduire et dont il faut sortir », explique-t-elle en effet, à l'occasion d'un colloque mené par la coalition française. 

 

Etudiant, mon ami, on a pensé à toi

 

Une Hadopi qui n'intéresse plus vraiment le Syndicat national de l'édition, encore que la déléguée générale du SNE, Christine de Mazières, ait assuré qu'aucune solution n'est complètement écartée, dans la lutte contre le piratage. 

 

De même, la député souhaite défendre le droit d'auteur, en dépit de l'abrogation d'Hadopi. C'est que le net ne doit plus être considéré comme une menace, assure-t-elle, mais plutôt comme un outil pour la création, filant la métaphore de l'El Dorado à découvrir. Une création à découvrir, certes, mais tout en assurant une rémunération pour les artistes : il s'agirait de taxer (évidemment) les industries qui profitent de revenus liés aux nouvelles technologies, que ce soit du côté des FAI autant que des fabricants d'appareils. 

 

La taxe iPad n'est pas loin, probablement.

 

... pour payer ton godet

 

Mais là où il est difficile de suivre la député, c'est dans son idée de taxer les étudiants, à la hauteur de deux ou trois euros, explique-t-elle, que l'on insèrerait dans les frais d'inscription. Évidemment, l'idée est lumineuse : les étudiants sont bien les premiers à violer les droits d'auteur, en piratant à tout va, alors qu'ils se vautrent dans des appartements exagérément chers, et pourtant qu'ils sous-payent, parce que leurs parents sont de mèche avec les Caisses d'allocation logement, et on en passe. 

 

L'idée de cette taxe à 2/3 €, c'est en fait une forme de licence globale à peine déguisée, puisqu'en contrepartie de ce forfait, les étudiants accèderaient à un ensemble de contenus numériques. Une idée qui revient de loin, que la droite avait balayée d'un revers de manche du temps de la DADVSI. (voir WIkipedia)

 

Et pas mauvaise pour autant, d‘ailleurs... sauf que l'on se demande pourquoi cette ponction serait appliquée aux frais d'inscriptions.

 

Gageons que les représentants étudiants ne manqueront pas, dès demain, de faire savoir combien l'initiative d'Aurélie Flilippetti n'avait de bon que l'intention. 

 

Dont l'enfer est pavé...

 

Mise à Jour

La députée a contact ActuaLitté pour apporter quelques précisions.