Australie : une caricature entre racisme, liberté d'expression et populisme

Elodie Pinguet - 19.11.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Bill Leak caricature - loi minorités australie - Commission des droits de l'homme


En août dernier, Bill Leak publie une caricature largement controversée et qualifiée de raciste. Elle a entraîné au moins 700 plaintes et trois on été déposées à la Commission des droits de l’homme en Australie. Un point de départ à une bataille lancée par les conservateurs australiens pour abolir une loi protégeant les minorités.

 

Caricature de Bill Leak

 

 

Tout part d’une caricature. Lorsque Bill Leak fait la fait paraître dans le journal national The Australian au mois d’août, les réactions indignées se bousculent. Le dessin représente un policier tenant par le col de son t-shirt un enfant autochtone. Il s’adresse à son père et lui dit « Vous devriez vous asseoir et parler à votre fils de la responsabilité personnelle. » Ce à quoi l’homme, visiblement assez alcoolisé (ou en train de s'alcooliser...), répond : « Ouais d’ac, quel est son nom alors ? »

 

Près de 700 plaintes ont été déposées suite à ce dessin au Conseil australien de la presse. Deux hommes et une femme ont quant à eux déposé une plainte directement à la Comission des droits de l’homme. Une enquête a donc été ouverte afin de savoir si cette caricature est humiliante ou insultante pour des personnes en raison de leur race ou leurs origines.

 

Les conservateurs australiens, certainement inspirés par la récente montée en puissance des populistes de la droite, sont montés au créneau. Ils sont contre l’enquête et appellent au démantèlement de la loi sur la diffamation raciale, qui protège les minorités contre les abus.

 

Ils ont estimé que l’enquête menée par la Comission pouvait porter atteinte à la liberté d’expression. Le gouvernement fait examiner la loi par un comité parlementaire depuis le 8 novembre.

 

En parallèle, les minorités comme les juifs et les musulmans s’unissent pour rallier le public à leur cause et défendre la loi qu’ils jugent essentielle pour éviter un trop-plein d’abus. De son côté, Colin Rubenstein, directeur exécutif du conseil australien / israélien et des affaires juives a déclaré que « cette disposition législative est essentielle pour aider à maintenir la cohésion sociale ».

 

Il faudra donc attendre le résultat de l'examen du comité parlementaire pour connaître le futur sort de la loi.

 

 

Via TheWashingtonPost