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Avec Darcy, Jane Austen peignait un manipulateur, roi de la drague

Nicolas Gary - 09.10.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - Orgueil préjugés roman - Darcy Jane Austen - roman Darcy asshole


Le grand héros de Orgueil et préjugés, Monsieur Darcy, ne serait pas tout à fait la figure romantique que l’on imagine. En réalité, loin de la personnalité fringante fantasmée, on aurait plutôt affaire à un snob, prétentieux, impoli et sans humour. Et dont l’héritage a fait des dégâts, aujourd’hui encore.



 

 

Alors, oui, on avancera l’incarnation par Colin Firth, dans la série de la BBC datant de 1995, sur un scénario d'Andrew Davies. Évidemment, l’acteur britannique a conféré, une fois de plus, un charisme au personnage qui n’est pas forcément celui présenté par Jane Austen. 

 

Pour le coup, on savait déjà, suite à des recherches universitaires, que le Fitzwilliam Darcy du roman, dont Elizabeth Bennet va s’éprendre, n’avait physiquement rien de commun avec Colin Firth. Et le sale caractère du personnage littéraire n’était certainement pas méconnu. 

 

Un portrait bien plus réaliste avait d’ailleurs était diffusé – aucun doute possible. 

 

Son visage serait « long et ovale avec une petite bouche, un menton pointu et un long nez ». Ses épaules, contrairement à la carrure du Darcy de Colin Firth, seraient plutôt élancées et minces. En comparaison, à l’époque on préfère les jambes musclées et bien modelées, un véritable « signe de virilité » qui montre que l’homme est un bon cavalier.

 

 

 

À l’occasion du festival littéraire de Cheltenham (Royaume-Uni), Darcy s’est fait tailler des croupières, velu, velu. L’auteure et podcasteuse Dolly Alderton, explique que Darcy, sous la plume de Jane Austen est en réalité le précurseur du mouvement Pick Up Artists. Les groupes de PUA sont des hommes qui se présentent comme des artistes de la séduction : à leur disposition, une palanquée d’astuces et de ruses pour faire se pâmer les femmes.

 

Et très spécifiquement, ce que Neil Strauss, un de leur représentant, journaliste américain, désignait comme le « neg ». Il s’agit là d’une forme de manipulation émotionnelle, par laquelle on adresse un compliment, dans l’intention délibérée de saper la confiance de son interlocutrice. 

 

Ainsi, cette célèbre phrase de Darcy, à l’attention d’Elizabeth : « Elle est acceptable, mais pas assez pour me tenter. Et je ne suis pas d’humeur pour le moment à donner de l’importance aux jeunes filles qui attirent l’attention des autres hommes. »
 

 

Au point, considère l’auteure, que Mr Darcy induirait une forme de dépendance – comme un syndrome de Stockholm, ce traumatisme qui fait tomber amoureux de son bourreau, ravisseur, etc.

 

Alors, bien entendu, dans le roman de Jane Austen, l’amour l’emporte, Darcy finit par se dévoiler, et leur relation verra bien le jour, plus équilibrée qu’elle ne le semblait au départ. Mais il n’empêche que Darcy n’est pas une belle âme. L’écrivain Sebastian Faulks, en rajoute une couche : « C’est un dépressif manipulateur, hypocrite et égocentrique, conscient de certaines de ses erreurs, mais incapable de s’en excuser, parce qu’il est retenu : son arrogance l’incite à les ignorer. »

 

La chasse est ouverte...  

 

 

via Guardian




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