Axelle Lemaire : le gouvernement, fossoyeur de la recherche, ou les éditeurs ?

Cécile Mazin - 20.01.2016

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Ce matin sur France Inter, Axelle Lemaire venait défendre le projet de loi République numérique, et ses différents aspects. Vivement contestée par le secteur de l’édition, notamment concernant l’Open Access ou le domaine public informationnel, la législation est actuellement discutée à l’Assemblée nationale. La prise de parole de la secrétaire d’État au numérique fut aussi l’occasion de répondre aux éditeurs, en direct.

 

 

 

Un premier communiqué diffusé en début de semaine donnait le ton : cosigné par le Syndicat national de l’édition et la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée, il accusait la loi de devenir le « fossoyeur de la recherche scientifique française ». Mis en cause, l’article 17 de la loi, portant sur l’Open Access, et offrant la possibilité aux auteurs d’articles scientifiques de communiquer librement leurs résultats, passés certains délais – 6 mois pour le domaine sciences dures, 12 mois pour les sciences humaines.

 

Sollicité par ActuaLitté, le cabinet d’Axelle Lemaire était sans ambages : « La question est simple : les résultats des travaux de la recherche publique doivent-ils être disponibles rapidement, justement pour favoriser le développement de la recherche ? C’est le choix du gouvernement que de défendre l’accès libre, que demande par ailleurs l’ensemble de la communauté scientifique. »

 

De leur côté, SNE et FNPS estiment que « le Secrétariat d’État au numérique prend la responsabilité de détruire l’édition scientifique française indépendante, d’accélérer la concentration et l’étatisation de ce secteur. [...] Sous couvert de rendre accessible à tous la connaissance, c’est la recherche française et francophone qu’on sacrifie au profit des géants de l’Internet qui exploiteront des contenus dans lesquels ils n’auront absolument rien investi ».

 

À l’antenne de France Inter, la secrétaire d’État en a pu préciser, si besoin était, sa position. « Ces revendications émanent des éditeurs, et pas des chercheurs, des auteurs, des écrits qu’ils soient scientifiques ou dans les sciences humaines », souligne Axelle Lemaire. 

 

Cette possibilité de communiquer les articles interviendrait donc pour des chercheurs « qui sont subventionnés à la hauteur de 50 % ». Et leur permettrait « de sortir des contrats d’exclusivité qui les lient à leurs éditeurs commerciaux au bout d’un certain délai d’embargo ». 

 

Elle poursuit : « La recherche, si elle n’est pas ouverte, si elle n’est pas internationale, si elle n’est pas partagée avec la communauté de chercheurs la plus élargie possible, eh bien elle ne rayonne pas. Donc, moi, je pose la question : est-ce bien le gouvernement qui se veut le fossoyeur de la recherche en 2016, lorsqu’il cherche à étendre le périmètre d’influence des écrits des chercheurs français, ou sont-ce les éditeurs ? »

 

Dont acte.

 


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